lundi 31 janvier 2011

reprise du mardi 7 décembre 2010


Vaut-il mieux un boulot de merde ou un boulot à chier?



Dans l'idéal, dans les descriptions qu'en faisait Eric Woerth, le travail est une source perpétuelle d'épanouissement et de béatitude et nul ne saurait envisager la retraite avec ravissement.
Il est vrai que la majorité d'entre nous ne saurait envisager la fin de leur travail avec sérénité et, en attendant la véritable activité valorisante, créative et motivante (écrire une saga, faire le tour du monde en pédalo, faire un solo ahurissant devant trente mille spectateurs payants....)  il faut bien patienter ou plutôt trouver un job qui nourrira la bête.


Que choisir alors :  Job De Merde JDM ou Boulot A Chier BAC ?
  • Le Job De Merde (JDM), on sait qu'il est de merde avant de commencer : faire le ménage la nuit dans des bureaux, gagner des niveaux dans un jeu de rôle en ligne et les revendre à des nuls, vendre des conneries sur ebay pour le compte de gens pressés, refaire des appartements au noir, surveiller des dingues dans un hôpital psychaiatrique, donner des cours de rattrapage ...
  • Le Boulot A Chier BAC est un JDM (Job De Merde) "qui se la pète" : le BAC permet de changer de téléphone tous les ans, de laptop tous les 2 ans, de louer un endroit décent ou vivre, d'aller au restau, de sortir le samedi soir, d'avoir une relation amoureuse suivie,de partir en vacances dans une voiture décente ou en avion... 
  • Mais le BAC (boulot à chier)  implique de faire "semblant" : rester après les horaires, travailler dans une cage en souriant, supporter des supérieurs qui mettent le nez dans votre travail et changent d'avis régulièrement...
  • Le BAC est riche en réunions stériles reprogrammées au dernier moment pour tester ta subordination alors que tu allais te tirer en douce.
  • Le BAC implique une motivation affichée de chaque instant :  se niquer le dos pour déplacer des casiers, télés, projecteurs pour les conférences, être toujours disponible,  critiquer affectueusement le chef  et supporter ses tripotages (si, si, même les hommes, ça existe!), boire un verre après le turf, se voir entre collègues le weekend...
  • Le JDM est plus aléatoire dans les revenus mais on peut le faire en musique ou en suivant Dexter en fond sonore.
  • Le BAC  demande de croire en lui, le BAC a une mission : enrichissement, service à la communauté, médaille après 25ans de labeur, venue les jours de grève des transports. Le BAC coûte cher en déplacements, participation à des pôts, cadeaux de départ, brins de muguet le 2 mai.
  • Le JDM rapporte moins mais il est moins prenant psychologiquement : il  pousse moins au suicide, à la dépression ou à regarder  toutes les pages de pubs affalé sur un canapé au retour à la maison.
  • Le BAC implique généralement une tenue récente onéreuse, un suivi de la mode,  un look déprimant, un statut familial, le suivi de la politique et du sport national ou local, un langage politiquement correct.
En bref, le BAC tue toute créativité, estime de soi... Le BAC entraine l'enchainement avec un autre BAC mieux payé et toujours aussi stérile alors que le JDM laisse la possibilité de trouver un jour une activité créative proche de sa propre personnalité.
Attention : on croit quelquefois avoir choisi un JDM et se retrouver dans un BAC : jouer dans un orchestre de bal en attendant de devenir le Jimmy Hendrix de 2010, faire des heures supp pour en sortir plus vite, croire qu'on pourra ne mettre qu'un pied dans le système... Méfiance!

Dans l'idéal, Le Job De Merde laisse de l'espoir, le Boulot A Chier  laisse des emprunts à rembourser.