jeudi 13 décembre 2012

Hommes et Femmes

Aimer, c'est essentiellement 
vouloir être aimé.                               Jacques Lacan


L'histoire de Boitelo lui était familière, du moins dans la mesure où elle suivait un schéma qu'elle avait très souvent rencon­tré. Tout commençait bien et soudain... soudain, on croisait quelqu'un et rien n'était plus comme avant. 
Elle avait elle-même vécu cela, avec son premier mari, Note Mokoti, joueur de jazz et homme à fem­mes, qui l'avait fait passer, en l'espace d'une brève période, d'un monde de joie et d'optimisme à un uni­vers de souffrance et de peur. De telles personnes - des hommes comme Note - traversaient l'existence en propageant le désespoir autour d'eux, tels des her­bicides tuant les fleurs et toutes ces belles choses qui poussaient dans la vie des gens et qu'ils desséchaient par leur malveillance et leur mépris.
À peine sortie de l'enfance, elle avait été trop naïve pour soupçonner le mal chez autrui. 
Les jeunes, pensait Mma Ramotswe, croient que les gens sont bons. Ils ne se doutent pas que certaines personnes de leur entourage, des gens de leur âge, peuvent être malfaisantes et sans valeur. Et puis, soudain, ils le découvrent, ils voient de quoi ces autres sont capa­bles, à quel point ils peuvent se montrer égoïstes, insensibles dans leurs actes. Cette découverte est par­fois douloureuse, comme dans son cas à elle, mais il importe de la faire. 
Bien sûr, cela ne signifiait pas qu'il faille se réfugier dans le cynisme ; bien sûr que non. Mma Ramotswe avait appris à être réaliste face aux gens, ce qui ne voulait pas dire que l'on ne pût  déceler du bon chez la plupart d'entre eux, même si ce côté positif était obscurci par le reste. Avec de la persévérance, si l'on donnait aux individus une chance de montrer leurs bons côtés et - c'était impor­tant - si l'on était prêt à leur pardonner, ils pouvaient manifester une remarquable aptitude à modifier comportement
Bien sûr, il y avait l'exception de Note Mokoti. Celui-ci ne changerait jamais, bien qu'elle lui eût pardonné, la dernière fois, lorsqu'il était venu la voir et lui avait réclamé de l'argent. Il avait montré que son cœur, en dépit de tout, restait plus dur que jamais.

In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith

lundi 26 novembre 2012

JAPON > TOKYO > ODAIBA

Odaiba est un quartier de Tokyo construit sur une île artificielle constituées de terres gagnées sur la mer.
A l'opposé des quartiers traditionnels, on peut le visiter comme un parc d'attraction en admirant les buildings ou le port en circulant à bord du train sans pilote de la ligne Yurikakome qui part et revient de/à la station Shimashi. En journée, il suffit d'être le premier à attendre le prochain train à hauteur de l'avant.
Attention de ne pas se faire doubler au dernier moment : les jeunes japonais sont moins respectueux que les anciens.







  • Diaporama musical original de sites aperçus depuis le train automatique. Durée 3'30''. Novembre 2012






jeudi 11 octobre 2012

Se repérer en ville au Japon


Orientation ou comment s'en sortir au Japon? (guide du routard japon 2011)

Tokyo est non seulement une ville sans noms de rues, mais vous trouverez nombre de Japonais pour avouer que c'est tout autant un vrai casse-tête pour eux. 
Pas de panique cependant, si on rentre bien dans le système, on finit par s'y familiariser et les choses ne sont pas si difficiles que ça. 
D'abord, si vous décidez de sortir un minimum des sentiers battus, un instrument 0BLIGATOIRE : le Tokyo City Atlas (édition bilingue)- deviendra votre sauveur, votre compagnon, votre ami... 

Pas de noms de rues, très rares noms d'avenues, alors comment les Nippons font-ils pour se reperer ?

Tout « simplement » par un système de districts, puis de blocs (un découpage sur le principe du cadastre). Vous verrez, c'est assez logique finalement quand on a bien intégré le truc.

Un exemple

Tenez, prenons un exemple et décortiquons l'adresse de l'office du tourisme : 
OFFICE DU TOURISME, 10e étage
Tokyo Kotsu Kaikan Bldg, 
2-10-1 Yurakucho, 
Chiyoda-ku. M Yurakucho.

  • Au début, facile, c'est au 10e étage de l'édifice Tokyo Kotsu Kaikan. 
  • Après, on a 2-10-1 Yurakucho, Chiyoda-ku, c'est-à-dire la hiérar­chie de l'arrondissement, du quartier, du bloc d'immeubles et enfin de l'immeuble. 
  • Chiyoda-ku, l'arrondissement, ne nous est guère utile. C'est le quartier (ou le dis­trict) qui ici nous intéresse, à savoir Yurakucho. Or certains quartiers se révèlent si vastes qu'on les a subdivisés en miniquartiers appelés chome (Ginza par exemple a été divisé en huit chomes). Dans notre cas, une chance, Yurakucho, st seulement coupé en deux (Yurakucho 1 et 2, opportunément de part et d'autre de la station de métro du même nom). Nous constatons donc que notre Yurakucho, 2- se trouve à l'est du métro et que, nouveau coup de chance, le bloc n° 10 sera rapidement repéré sur le plan. 
  • L'expérience sur le terrain nous a cependant démontré que le numéro de l'immeuble (ici le 1) n'apparaît pas d'une grande utilité. En général pour une raison toute simple : l'absence, le plus souvent, de tout numéro sur l'immeuble. En outre, pour compliquer les choses, les numéros d'immeubles ne se suivent pas nécessairement, ils sont attribués en fonction de la date de construction (or comme on démolit et qu'on reconstruit à tout-va...). 
  • En revanche, le « 2-10 » devrait normalement apparaître sur des plaques de fer à la verticale, soit sur les coins du bloc d'immeubles, soit sur les poteaux électriques qui cernent le bloc. Le malheur, c'est que, là aussi, ces indications indispensables manquent bien souvent. 
  • Il y a heureusement un peu partout ces koban (minipos­tes de police) où les policiers (qui connaissent leur quartier par cœur) seront ravis de sortir leur « plan-cadastre » et de vous aiguiller sur la bonne voie. 
Une combine si vous commencez à cafouiller :
Pénétrez dans un maga­sin du bloc « convoité » et demandez une carte de visite. Vous verrez tout de suite le numéro du bloc et, au verso de la carte, un miniplan du quartier qui vous aidera au moins à repérer l'endroit où vous vous trouvez exactement. 
Allez, on va jusqu'au bout de notre démonstration au sujet d'une dernière difficulté : l'absence de noms de rues et de numéros ne permet pas de repérer de façon pratique à quoi correspondent les croisements de rues et d'orienter la carte comme on le voudrait (logiquement, suivant les points cardinaux). 
Bref, on perd facilement le nord ! 
Une seule solution, vieille comme le premier routard des mers : une bous­sole, une miniboussole de poche qui, enfin, vous indiquera... le nord salvateur. 
Votre 1ère ou dernière  planche de salut, c'est la serviabilité de beaucoup de Japonais qui se mettront en quatre, voire en huit pour vous... quitte à vous accompagner sur plusieurs centaines de mètres.

mercredi 15 août 2012

SITGES < Catalogne < Espagne < Europe Hotels & Restaurants testés

EUROPE > ESPAGNE > CATALOGNE > SITGES    
>> texte original complet & actualisé <<

Station balnéaire de Barcelone, SITGES a gardé un front de mer bâti de villas cossues accolées, d'hôtels peu élevés puis, en suivant le bord de mer, de villas indépendantes stylées et nouveaux hôtels plus spacieux. Seules les habitations au nord, en partie sur une falaise peuvent présenter une façade moins jolie mais, pour le centre ville, c'est un plaisir de regarder les façades en se baignant.

La ville était connue pour héberger le repos dominical des familles barcelonaises aisées mais pas  seulement : Wikipedia raconte bien son histoire et il serait inélégant de le recopier. Les fils de famille y ont commis leurs turpitudes à l'écart de lBarcelone mais Sitges se serait aussi transformée petit à petit avec l'arrivée de millionaires américains, des hyppies et autres noceurs sans oublier les vignerons expatriés à Cuba qui reviendront dépenser leur argent ici, les peintres qui y ont même initié une "école" ( l' école luminista)...
Ainsi, le catalan qui a créé le rhum Bacardi à Santiago de Cuba : un "musée" Bacardi à Sitges propose une visite des cuves antiques de la marque et des alcoolisations pédagogiques pour seulement 7 euros : on y apprend à composer des cocktails (lol)...
Cuba est encore présente dans de nombreux endroits  et noms de rues :  Islas de Cuba, Matanzas, Pinar del Rio... mais aussi des azulejos (céramiques) représentant l'île de Cuba. Los cubanos vont alors se faire construire un ensemble de résidences qui font maintenant le charme de cette station balnéaire. Ces résidences reprennent les éléments architecturaux cubains de l'époque  et notamment le style colonial qui peut surprendre ici.
Les années soixante dix ont vu un des quartiers accueillir une colonie hyppie puis gay avide de vacances au soleil dans un affichage ponctuel de sa différence que n'autorisait certainement pas le reste de l'année passé à  Fribourg, Limoges ou Madrid. Une sorte d'Ibiza continentale prouvée par l'installation du Pacha Club, frère du mythique Pacha Club d'Ibiza . La ville est encore aujourd'hui envahie l'été de garçons et filles homosexuels qui semblent unanimement acceptés dans les hôtels, restaurants et autres pensions. : beaucoup de "looks" avec plus de classe que chez l'ennuyeuse Marbella  qui semble bien ringarde en comparaison avec son bling bling peu inventif.

L'autre clientèle historique de sitges est plus sage car nombre de catalans ont pris sur place leur retraite, accueillant les enfants et petits enfants.
Les sites de location et de voyage ont fait le reste pour cette station peu éloignée de l'aéroport de Barcelone(El Prat est à 15km), une situation en Espagne qui lui permet également d'être très accessible en voiture pour les français et autres européens, une façon idéale d'y arriver entre amis en se garant à l'extérieur du centre.
La popularité de Sitges sera définitivement installée au moment des Jeux olympiques de Barcelone .

Les Catalans, auxquels on ne manque pas d'attribuer ailleurs en Espagne de nombreux défauts, se révèlent sur place d'une grande gentillesse et il est bien facile d'engager la conversation pour parler de la météo ou demander un renseignement. On tolérera malgré tout que certains ne se sentent pas au service de cet arrivage migratoire des beaux jours et préfèrent rester à l'écart.

Les tarifs pratiqués sont en général plus élevés qu'aux alentours  (voir Wikipedia.) tout du moins en ce qui concerne l'accession à la propriété.
Toutefois,  la mixité des populations, la douceur de vivre ici, la tolérance et la bonne volonté de l'accueil font que chacun pourra apprécier Sitges.

Il en est de même des plages ou alternent adolescents entre eux, familles autour du parasol, retraités au bord du paseo ou enclaves naturistes réunissant les fans de toute orientation sans autre ostracisme que le goût du soleil et de la méditerranée.
Question tolérance, qu'on se souvienne à l'occasion qu'il n'existe à Barcelone aucune loi obligeant au port d'un vêtement et qu'un vieil homme fort connu de son quartier n'a pas revêtu la moindre parure ces trente dernières années.

La situation de la ville, l' inspiration des artistes qui la choisirent, les dépenses des catalans qui revinrent après avoir fait fortune, les marginaux qui ont pu s'y installer : Sitges s'est formé ces derniers siècles une identité que l'on peut retrouver en la parcourant, bien davantage qu'une seule vocation tardive de station balnéaire...

HOTELS



Hotel Galeon,                    2012 Août

 Hotel 3étoiles, San francisco  46-48, 08870  Sitges
766€ la semaine en Août 2012 en chambre double pour 2 personnes incluant le petit déjeuner international. piscine. climatisation. SDB. 4ème étage et terrasse sur rue piétonne plein sud.

 “Service agréable, charme caché, stationnements à 600m”

4 5 étoiles Avis écrit le 9 août 2012 
  1. La première bonne surprise est de pouvoir stationner gratuitement la voiture (vide, évidemment) à quelques centaines de mêtres dans les zones résidentielles au nord du rond point d'arrivée : inutile de se perdre pour arriver avec devant l'hôtel, c'est impossible! 
  2. Le GPS en mode piéton, on descend ensuite facilement les valises à roulettes vers l'entrée de l'hôtel. 
  3. L'accueil est agréable, la chambre double est jolie bien qu' envahie par les lits réunis : en les séparant, on obtient un double et un simple et on peut enfin se déplacer. 
  4. Le wifi est impeccable à tous les étages avec une identification personnelle offerte, les terrasses donnent sur la rue piétonne ou sur une cour intérieure et offrent des volets métalliques de protection... 
  5. Les journées sont assez calmes mais les retours de discothèque en milieu de nuit, les portes qui claquent, les râles évocateurs sont légion : comme partout dans le monde de 2012, le voyageur non voyeur aura ses bouchons d'oreilles pour trouver le calme. 
  6. Piscine petite mais agréable et calme sauf lors de réunions de bavardes, petits oiseaux et palmier, chaises longues tressées et plastiques bas, coups d'oeils intéressés mais pas oppressants, ambiance parfois romantique... 
  7. Petit déjeuner servi jusqu à midi, pantagruélique : qualité des produits, choix énorme, café assez bon, eaux minérales et autres bloody mary et pim's au cava. 
  8. Thé et pâtisseries locales dès 15h00 au salon et même un diner à moins de 10€ en soirée sur place. 
  • Non les réfrigérateurs ne s'arretent plus quand on sort, 
  • oui les téléphones mobiles ont tendance à démagnétiser les cartes de chambre, 
  • oui la clim est discrète et réglable,
  • non les coffres forts ne sont plus en supplément mais électroniques et un peu capricieux, 
  • non la télé n'est pas vraiment satellitaire et fournit seulement une quinzaine de chaines en basse qualité vidéo en son mono sur des LCD de 26 pouces : france 24 et tv5 pour les francophones. 
  • Pas d'heure affichée en chambre et nécessité d'occulter la led de veille de la TV qui tient lieu d'éclairage la nuit. 
  • Dans les communs, deux salons accueillent dans des canapés cuir les surfeurs connectés, un salon télé offre des bergères pour l'heure du thé ou du journal, une bibliothèque polyglotte pour bestsellers et magazines, un personnel vraiment charmant comprend tout ce qu'on lui demande et une sortie en plein centre ville.
  • A chaque questionnement, le personnel revient vers vous pour la réponse. 
Note : le diner du soir à moins de 10 euros est une très bonne affaire qui a l'heur de réunir des populations branchées. Ideal pour connaître les dernières tendances de la mode chez ceux qui dépensent plutôt pour le look que pour le cook. Fascinant et agréable.


Hôtel  SUBUR MARITIM  Best Western                  2011 Août


Paseo Maritimo s/n | Esquina Paseo Doctor Benapres, 08870 Sitges, Espagne

“Hotel impeccable, reposant, calme, sur la plage, mais attention à la réservation”
Non les prix n'ont pas baissé malgré la crise ce qui limitera sans doute l'accès à cet hôtel très agréable. Situé très en dehors du centre ville, l'occasion d' agréables marches sur le front de mer en admirant les villas de toutes époques et les plages se succédant sous formes de petites baies, le Subur Maritim ne doit pas être confondu avec son quasi homonyme le Subur du centre ville. Ici tout est calme, presque luxueux, choisi pour le design, bien présenté. La piscine est esthétique, entourée de gazon et bordée d'un bar très calme en journée. On pourra regretter la qualité de certaines chaises longues un peu trop recouvertes de peinture pour cacher leur vétusté et l'attitude de certain client qui s'offusque que la place habituelle de son aïeulle ait été prise en toute liberté par un autre client. Oui, la clientèle est un peu âgée et aimerait retrouver ici un temps où il y avait certes moins de libertés mais davantage de privilèges. Le propriétaire qui gère les 2 Hôtels a visiblement 2 clientèles différentes et il nous a semblé qu'une "erreur de réservation malencontreuse" nous avait injustement fait emménager ici alors que les coûts annoncés par le site de location nous destinaient à l'hôtel homonyme de centre ville. Un accord tardif nous laissa malgré tout goûter 2 nuits au charme du Subur Maritime, de son breakfast impeccable, de ses balcons vastes et aux panoramas charmants, aux chambres parfaitement lookées et aux salles de bains assez réussies. Un hôtel à réserver à ceux dont les soirées raisonnables permettent de garder un peu d'énergie pour le long retour du centre ville. Aucun restaurant notable dans les parages. Personnel impeccable sur place mais n'importe qui vous répondra au téléphone pour vous assurer, avant votre arrivée, que tout est prêt pour vous, ce qui se révèlera mensonger.

RESTAURANTS



Restaurant Casa Sevilla     2012 Août

Espalter, 13, 08870 Sitges, Spain

Trouvé au hasard des déambulations, un soir où rien ne nous tentait parmi les poulets rotis servis à la chaine, les restaus selects exorbitants et déserts, les terrasses bondées de fashionnistas, la Casa Sevilla nous a vite rendu l'appétit avec son menu complet à 15euros et sa carte limitée : quelques entrées, quelques plats principaux, boisson et dessert compris.
Installés sous une clim, nous avons facilement pu changer de place car il n'était que 21h et l'ambiance bien sage. 
Une salade honnête mais surtout une intéressante fideua en entrée : vermicelles cuits en bouillon de fruit de mer et encre, morceaux de sèche et crevette, ailloli... Populaire et délicieux. 
Bien que les boulettes et autres viandes semblent voir du succès, nous avons choisi une dorade : elle était servie ouverte, poêlée à plat, un mélange de surface croustillante et de chair tendre et juteuse. Une très bonne surprise, à déguster en appréciant les arrivées des clients connus des patrons reçus comme des amis, les attentions d'un personnel chaleureux ou sérieux, amical ou pédagogue et une salle qui se remplit bien vite vers 22h en semaine Une crème locale pour dessert, sorte de catalane non brûlée en bonne portion et voilà un diner agréable et savoureux, sans prétention mais pas international pour deux sous, arrosé de vin rouge honnête servi frais en carafe et compris dans le menu. Des gens charmants et attentionnés.

Note : un vendredi soir, beaucoup plus de monde, un peu moins d'attentions mais un invité de plus enthousiasmé : une entrée de riz "cubain" basique à base de riz blanc servi avec oeuf au plat et jambon grillé. Surtout des parts de dos de saumon grillés conseillé pat notre hôtesse qui ont fait l'unanimité. Un vin blanc en pichet agréable sans plus et un menu différent. Une bonne chose même si on a préféré l'ambiance en semaine.

Restaurant  Boccalino     2011 Août


Verge del Pilar, 24, 08870 Sitges, Espagne
“Populaire, sympathique, clientèle variée et cuisine honnête”4 5 étoiles
Les prix peuvent convaincre de s'installer même si l'endroit n'est pas le plus touristique. En bordure de zone piétonne, on boit un verre en terrasse sur la placette et on parcourt une carte où chacun trouvera son goût : espagnolades ou plats universels, fritures ou riz, toute une cuisine assez familiale qu'il faudra alterner de salades pour rester raisonnable. Boissons raisonnables également. Le restaurant favori de certains, tellement la clientèle en groupe peut mettre de l'ambiance ou étonner. Le spectacle des passants est divertissant gràce aux larges vitrines. Une halte qui ne ruine pas même si les plats sont peu originaux. Service sympathique, bon enfant, comme on l'aime quand on aime cette région formidable.
Note : une nouvelle équipe arrivée en 2012 semble moins séduire.

Restaurant Wok Palacio Oriente    2011 Août


8 Calle Santa Tecla, 08870 Sitges, Espagne
4 5 étoiles
Un buffet où tout est en libre service, tout compris hors boisson et des préparations sans défaut : fritures très fraiches et peu huileuses, fruits de mer préparés récemment, volailles, viandes marinées à agencer avant ou après une assiette de wok qui se révèle finalement la partie la moins intéressante, comme les desserts d'ailleurs. Mais un bon souvenir de cette profusion de crudités, fritures, mets relevés et d'une grande fraicheur. Le concept est récent et à découvrir en vacances si on en est privé autour de chez soi. Ambiance un peu animée et bruyante en salle climatisée mais quelques tables en extérieur sur une rue piétonne sans grand intérêt. Rapport qualité prix imbattable quand on a très faim.

Restaurant Buenos Aires    2012 Août


21 C/ Port Alegre, 08870 Sitges, Espagne 938 112 344
Site Web            “Bien placé, service sympathique et viandes délicieuses”
4 5 étoiles 
Les tarifs semblent un peu élevés mais on peut trouver de bonnes affaires comme les fajitas à faire soi même avec les sauces, les crêpes séparées... Un verre de vin et la soirée commence bien en regardant le spectacle du bord de mer où défile toute la population locale et en villégiature. Finalement un restaurant où nous revenons une fois entre amis à chaque vacance.



Restaurant NEM,  

Illa de Cuba, 9, 08870 Sitges
“Des excellentes critiques un peu trop flatteuses. C'est pas mal pourtant...”  2012 août


Une certaine unanimité des critiques sur ce restaurant qu'il fallait à tout prix découvrir, à l'écart des rues fréquentées et bien supérieur à ce qui se fait en tapas à Sitges... Nous y sommes allés à 3 personnes sur ma proposition ce samedi soir. 21 h et seulement 8 personnes attablées, pourtant le maître des lieux nous conduit en fond de salle, à une table isolée. Une table était vide dans l'entrée (et le restera) mais nous la pensons réservée à d'autres et n'insistons pas : nous avons eu tort !
La carte est minimale mais malheureusement proposée en catalan ou en ...anglais ! Quelle langue est moins utilisable pour décrire des plats que l'anglais? Cette carte est en tous points celle déja affichée par un autre critique ici même dans une langue mieux adaptée à la gastronomie.
La serveuse nous explique ce que sont les nems, ce que 80% de la planète doit connaître mais c'est ici la sensation du moment. Deux d'entre nous en commandent, je préfère un plat parlant de peppers, tomatos etc... Les nems se révèleront au standard habituel mais seulement au nombre de 2 et la tartine de poivrons et tomates agréable avec sa couverture de "jeunes pousses" et copeaux de fromage sec. Bien que l'endroit se présente comme un restaurant de tapas, la serveuse nous proposait ensuite un "plat principal" : nous avons fait le choix de "chicken" et de "cuddle fish" : des beignets de vrai poulet appétissants mais avec mayonnaise blanche et de la seiche dans une sauce au curry vert assez réussie mais à la présentation peu flatteuse. La carte des boissons ne propose que des vins dont un seul rosé, à des prix raisonnables en bouteille. Celui qui choisira un vin blanc au verre ne sera taxé que de 2€50, ce qui est bien raisonnable. Malheureusement, à mesure que le repas avançait, seule la chaleur ambiante montait car l'ambiance restait désespérément plate : les quelques autres clients étaient à 20 mètres de nous, personne le long de ce bar immense et aucune climatisation dans notre partie. Nous avons constaté en partant que la partie ouverte sur la rue était en revanche climatisée, un choix étrange même si la météo était plutôt à l'orage ce soir là. En guise de dessert, l'un d'entre nous opta pour un tapa parlant de chocolat qui se révéla savoureux et léger. Une addition pas trop élevée et nous avons de nouveau retrouvé un peu de fraicheur en sortant. Mauvaise communication avec les serveurs? Attitude trop réservée et timide du personnel à la prise de commande, se référant uniquement à la carte proposée sans mentionner les bières au verre ou autres possibilité? En tout cas, nous n'avons pas compris ces critiques excellentes sur un restaurant qui hésite entre tapas et cuisine, entre raffinement et service pas assez expérimenté. Quant aux lieux déserts un samedi soir d'aout vers 21heures, c'est étrange...


vendredi 13 juillet 2012

Femmes et Hommes

Mr. J.L.B. Matekoni tâta de nouveau le cuir.  
C'était une sensation très douce et il s'imaginait déjà dans le salon de Zebra Drive, installé dans ce fau­teuil, à caresser les accoudoirs en contemplant le pla­fond. Derrière lui, dans la cuisine, Mma Ramotswe , serait occupée à la préparation du dîner et l'odeur terriblement appétissante de l'un de ses délicieux ragoûts flotterait dans l'appartement. C'était une vision de perfection, un avant-goût de ce que devait être le paradis, s'il existait. 
Était-ce mal pour un homme d'être assis dans un tel fauteuil et d'avoir des pensées comme celles-là ? se demanda-t-il. 
Pas vraiment, même si, ces derniers temps, on voyait de plus en plus de gens chercher à culpabiliser les hommes à ce propos. Il avait récemment entendu à la radio une émission dans laquelle l'une de ces personnes - une femme - affirmait que les hommes étaient paresseux par nature et qu'ils voulaient que les femmes soient en permanence à leur service. Quelle drôle d'idée ! Lui-même, pour commencer, était loin d'être pares­seux. 
Toute la journée, il travaillait dur au Tlokweng Road Speedy Motors, il ne laissait jamais tomber un client et il confiait à Mma Ramotswe tout l'argent qu'il gagnait pour régler leurs dépenses communes.
 Et si, de temps en temps, il lui prenait l'envie de s'asseoir dans un fauteuil afin de délasser ses mem­bres endoloris, y avait-il quoi que ce fût à y redire ?  
Mma Ramotswe aimait bien faire la cuisine et lorsqu'il s'avisait de venir lui demander s'il pouvait lui être utile, elle le chassait sans cérémonie. Non, décidément, de telles personnes se montraient injus­tes envers les hommes et, de plus, elles se trompaient.  
À ce moment de sa réflexion, il se prit à penser aux apprentis et s'aperçut alors qu'il y avait peut-être du vrai dans ce qui avait été dit. C'étaient ces garçons-là qui donnaient une mauvaise image des hommes, avec leurs manières négligées et leur arrogance envers les femmes. C'étaient eux. […] 

Mr. J.L.B. Matekoni hésita. Il avait très envie d'un fauteuil confortable. 
Sa vie était remplie d'essieux, de pièces de moteur et de cambouis. Elle était une bataille, une bataille de chaque instant : il fallait maintenir les moteurs en état de marche malgré la poussière et les bosses sur les routes, autant d'enne­mis pour les mécanismes ; il fallait empêcher les apprentis de casser tout ce qu'ils touchaient. Mr. J.L.B. Matekoni se battait en permanence. Alors, à la fin de la journée, un fauteuil comme celui-ci pou­vait apporter bien des compensations. Il était impos­sible d'y résister. […] 

- Vous serez très heureux dans ce fauteuil, Rra. Très heureux. (dit le vendeur).
In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith 2007

mercredi 13 juin 2012

Playa Del Ingles < Gran Canaria < Espagne < Afrique. Vol, hôtel, tourisme

  1. L'ïle de Gran Canaria, Mas Palomas, Playa Del Ingles en mai 2012
  2. Location de voiture chez Goldcar par Easy Terra
  3. L'hôtel Valentin Marieta à Playa Del Ingles
  4. Le vol sur Air Europa depuis Paris Orly

1 - L'île de Gran Canaria  et Mas Palomas ne sont pas des hauts lieux de la culture, ni des lieux très à la mode ou des destinations facilement accessibles : l'île est sauvage, les plages belles mais sans grande originalité, les vols de France obligent souvent à une correspondance et Air Europa y a parfois des retards ...
Mais au printemps, il y fait beau et chaud à deux pas de la côte africaine et c'est beaucoup moins cher et plus souriant que les Antilles Françaises où les vols sont hors de prix par défaut de concurrence et où le client a toujours l'impression de déranger les personnels des restaurants, des hôtels, des magasins...
Maspalomas et Playa Del Ingles semblent sorties des années 1970 sans grand changement : les boutiques sont ordinaires et davantage axées sur la détaxe que sur un artisanat quelconque, les trottoirs auraient bien besoin d'un réajustage... Fast foods, restaurants bas de gamme, salles de jeux et mini-golf souvent réunis sous formes de centre commerciaux ne poussent pas au romantisme.

Las Palmas pourra faire une agréable sortie à condition de ne pas trop en attendre non plus : un joli mais minuscule quartier historique vous accueillera en vous faisant visiter une cathédrale et un joli Musée Colon (Christophe Colomb) abritant des maquetes, reconstitutions de cabine de bateau, nombreux documents dans une formidable maison d'époque entourant une cour fermée. Visite gratuite qui plus est.
Le tour de l'île ne s'impose pas sauf à aimer la belle route étroite et tortueuse, les rares points de vue amménagés, le spectacle des serres de fruits et légumes sur des km², les ilôts touristiques peu originaux, les cités de banlieues donnat certes sur l'océan...
Une rapide excursion à partir de Mas Palomas vers le centre de l'île vous fera visiter quelques chemins pittoresques, voir de beaux cactus, quelques dromadaires et une petite palmeraie... Mais aller plus avant ne sera guère instructif.


Louer une voiture en 1er prix peut sembler intéressant quand on songe au coût des taxis et au fait que les bus s’arrêtent tôt en soirée : l'aéroport est lointain. Mais la note se révèle très salée...
Les bus : Pour un séjour "plage", mieux vaut malgré tout essayer d'arriver et repartir à des heures accessibles aux bus : les loueurs de voiture rajoutent des frais d'essence que vous ne pourrez jamais consommer, des suppléments au moindre retard, des assurances au forcing alors que l'intermédiaire de réservation les annonçait gratuites et n'ont JAMAIS le premier prix pour lequel vous aviez réservé. La palme de la mauvaise foi à Goldcar, comme toujours en Espagne, qui ne vous laissera pas tomber mais ne fournira jamais ce que vous avez demandé au tarif prévu.

LOCATION DE VOITURE
GOLDCAR par EASY TERRA
  1. 76€ la semaine annoncés et prélevés par Easy Terra pour Fiat Panda Clim TTrisque ou équivallent chez Goldcar.
  2. 224€ la semaine en fait car supplément de 148€ appliqué par GOLDCAR Aéroport Gran Canaria à la livraison pour : 
  • surclassement de voiture (POLO 4 portes car aucun modele basique disponible), 
  • plein d'essence obligatoire (grand réservoir sur Polo, rendu à moitié plein car impossible à consommer en 1 semaine sur une île minuscule, même avec une sortie à Las Palmas, une visite dans l'île et un tour de l'île)
  • assurance tt risque supplémentaire car Goldcar affirme que Easy Terra ne garantit rien : vous prenez le risque, vous?
  • arrivée après l'heure maxi à cause de Air Europa 




HOTEL

Hôtel Valentin Marieta

Avenida de Italia, Playa del Ingles, Grande Canarie, Espagne
“Des services qui semblent en progrès, un séjour très agréable”

  • 379€  pour 7 nuits /mai 2012 / 2 personnes /Buffet international pour petit déjeuner ET dîner/   Piscine / Appartement non climatisé
Choisir un aparthotel comme le Valentin Marieta pour un séjour en mai s'est révélé finalement la meilleure décision que nous avons prise lors de ce séjour. Les critiques très moyennes n'étaient guère encourageantes mais il y avait une piscine et le petit-déjeuner...
Nous avions demandé par téléphone, après réservation sur Hotelclub,  un balcon sur la mer en étage élevé et on nous avait honnêtement annoncé un supplément de 30 euros par nuit que nous avions accepté.
La chambre s'est avérée être un appartement propre, plutôt joli sans être spécialement design. Un coin cuisine avec un bar un peu trop haut pour les 2 chaises, un véritable réfrigérateur , une salle de bains agréable donnant en extérieur sur les coursives : à fermer absolument avant de sortir... Chambre et salon étaient agréablement décorés et donnaient sur un grand balcon orienté vers la mer qui a été notre spectacle de la semaine. La télévision à l'ancienne mais les mêmes programmes qu'ailleurs dont TV5.
Une météo agréable et beaucoup de soleil (24° en mai) en solarium sur la terrasse du toit et les transats, rien de tel pour oublier ce printemps français calamiteux qui ne devait guère s'arranger au retour...
Au moment du paiement en ligne, il était apparu à la réservation que le diner serait finalement offert gracieusement en plus du buffet de petit déjeuner.
Les commentaires des années précédentes étaient peu glorieux mais nous étions avertis et prêts à être indulgents grâce à ce cadeau peu commun.
Ainsi, nous arrivions trop tard le premier soir pour profiter du diner mais, sur demande comme conseillé par un autre client de TripAdvisor, on nous avait préparé un repas froid pris dans la salle du restaurant.
Le reste du séjour a été très réussi et reposant : hors saison, la clientèle était plutôt de couples sans enfants, de copains et copines, de retraités et, hors quelques fous rires, le calme régnait au restaurant.
Le buffet de petit déjeuner était correct, dans la tradition actuelle des standards européens avec toujours une petite touche locale sur des produits parfois étranges mais saucisses et autres fromages et oeufs étaient bien au rendez-vous. Comme souvent, pas de café vraiment réussi ni expresso.
Les diners (offerts cette semaine ci) étaient en revanche une vraie bonne surprise : loin d'économiser, les services de l'hôtel proposaient toujours un ou plusieurs poissons, des viandes variées et des légumes en quantité. D'agréables soupes nous ont redonné le gout de ce plat et les desserts étaient également plaisants. Toujours un plat local , parfois des grillades du barbecue...
Pour les autres services, précisons qu"il est possible de se garer gratuitement à quelque distance, en zone résidentielle mais que tout est payant et très limité dans le temps autour des hôtels, et ce à des tarifs et durées bien moins économiques que ce qui est annoncé partout.
Les piscines de l'hôtel sont agréables et faciles d'accès.
Une animation musicale s'y déroulait chaque soir mais s'interrompant avant de devenir gênante pour les résidents en terrasse. D'autres activités semblaient organisées sur une petite échelle car nous, clients, étions alors peu nombreux.
Nous avons passé un très agréable séjour et, si le tourisme dans l'île, le voyage sur Air Europa ou même la location de voiture ont été des sources de désagrément, nous avons malgré tout été satisfaits de notre séjour  grâce à l'hôtel et son personnel agréable et volontaire, comme souvent en Espagne.
La veille du départ, nous avons voulu nous faire préciser si tout était en règle quant à nos dûs : bonne surprise, le supplément pour chambre en hauteur avec vue n'était même pas mentionné. Que demander de plus?

Attention :
  1. L'hôtel est situé très en hauteur sur la corniche : une descente directe dans la ville basse ou à la plage peut s'avérer fastidieuse ...surtout au retour.
  2. Tous les services de wifi locaux se sont révélés peu efficaces, lents mais pas trop onéreux. Le fait d'être sur une ïle?
VOL
Vol AR Air Europa, 
Une escale en Espagne depuis Paris Orly
186€ par personne / classe économique avec assurance annulation.
Réservation en janvier pour mai 2012/ opodo.fr
Le prix le plus intéressant et de loin mais : 
  • Horaires modifiés plusieurs fois par la compagnie
  • Horaires incompatibles avec ceux des bus : arrivée tardive sur l'île, retour trop matinal.
  • Retard à l'aller provoquant un supplément à la prise de la voiture de location.
  • Place assise minuscule en classe économique
  • Enregistrement fastidieux au départ d'Orly
  • Aucun service à bord

jeudi 17 mai 2012

Les secrets

L'expérience lui avait prouvé que, si l'on soupçonnait l'existence d'un secret, l'approche idéale consistait à déterminer qui connaissait ce secret et à demander à cette personne de vous le confier. Cela fonctionnait presque à tous les coups. 
Ce qu'il y avait de particulier avec les secrets, c'était qu'ils exigeaient d'être répétés, ils se montraient insistants, vous démangeaient la langue si vous les gardiez trop longtemps. Il en allait ainsi, du moins, pour la plupart des gens. 
Mma Ramotswe, quant à elle, savait garder un secret si celui-ci devait être tu. 

In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith 2007

jeudi 10 mai 2012

Hommes et Femmes

Aimer, c'est essentiellement 
vouloir être aimé.                               Jacques Lacan


L'histoire de Boitelo lui était familière, du moins dans la mesure où elle suivait un schéma qu'elle avait très souvent rencon­tré. Tout commençait bien et soudain... soudain, on croisait quelqu'un et rien n'était plus comme avant. 
Elle avait elle-même vécu cela, avec son premier mari, Note Mokoti, joueur de jazz et homme à fem­mes, qui l'avait fait passer, en l'espace d'une brève période, d'un monde de joie et d'optimisme à un uni­vers de souffrance et de peur. De telles personnes - des hommes comme Note - traversaient l'existence en propageant le désespoir autour d'eux, tels des her­bicides tuant les fleurs et toutes ces belles choses qui poussaient dans la vie des gens et qu'ils desséchaient par leur malveillance et leur mépris.
À peine sortie de l'enfance, elle avait été trop naïve pour soupçonner le mal chez autrui. 
Les jeunes, pensait Mma Ramotswe, croient que les gens sont bons. Ils ne se doutent pas que certaines personnes de leur entourage, des gens de leur âge, peuvent être malfaisantes et sans valeur. Et puis, soudain, ils le découvrent, ils voient de quoi ces autres sont capa­bles, à quel point ils peuvent se montrer égoïstes, insensibles dans leurs actes. Cette découverte est par­fois douloureuse, comme dans son cas à elle, mais il importe de la faire. 
Bien sûr, cela ne signifiait pas qu'il faille se réfugier dans le cynisme ; bien sûr que non. Mma Ramotswe avait appris à être réaliste face aux gens, ce qui ne voulait pas dire que l'on ne pût  déceler du bon chez la plupart d'entre eux, même si ce côté positif était obscurci par le reste. Avec de la persévérance, si l'on donnait aux individus une chance de montrer leurs bons côtés et - c'était impor­tant - si l'on était prêt à leur pardonner, ils pouvaient manifester une remarquable aptitude à modifier comportement
Bien sûr, il y avait l'exception de Note Mokoti. Celui-ci ne changerait jamais, bien qu'elle lui eût pardonné, la dernière fois, lorsqu'il était venu la voir et lui avait réclamé de l'argent. Il avait montré que son cœur, en dépit de tout, restait plus dur que jamais.

In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith

Démocratie, Agences de Notation, Mondialisation

 Nos démocraties vont elles disparaitre en se couchant devant les agences de notations économiques, les obligations qu'on nous impose au nom de la mondialisation? 

Les données chiffrées sont elles objectives et doivent elles devenir notre seule évaluation personnelle et nationale?

Trois invités de Mediapart alertent et font des proposition dans un texte qui, je l'espère, fera date. 

Alain Lacour

 

De quoi la mondialisation est-elle le nom ? 

Source : mediapart  Article    03 Septembre 2011 Par Les invités de Mediapart    Edition : Les invités de Mediapart


titres et  présentation : alain lacour 

Une guerre d'indépendance pacifique contre la colonisation financière de l'existence

Alors que le président de la République s'apprête à proposer, avec la «règle d'or» une nouvelle défaite du politique subordonnée à la gestion comptable des affaires publiques, André Bellon (1), Roland Gori (2) et Philippe Petit (3) en appellent à une pacifique «guerre d'indépendance par rapport à la colonisation par le capitalisme financier de tous les champs de l'existence, bien au-delà du champ de l'économie.»


 Une exigence de dignité professionnelle face aux réformes de performance ou de rentabilité

 
Au cours de ces dernières années, de nombreux collectifs, professionnels, citoyens, ont manifesté leur colère et leur chagrin face aux conséquences désastreuses des réformes gouvernementales actuelles entreprises au nom de la rationalité comptable et de la logique de performance. 
Ces professionnels exigent de retrouver leur dignité dans la pratique de leurs métiers mise à mal par les valeurs néolibérales et les dispositifs d'évaluation généralisée. 

La LOLF, la RGPP, les conséquences du Traité de Lisbonne, conduisent non seulement à une recomposition des conditions matérielles de l'exercice des métiers, au démantèlement des services publics par la restriction budgétaire, mais encore à une transformation symbolique de leurs missions d'utilité publique en prestations de services rendus, tarifés sur le modèle des entreprises commerciales ou industrielles. 

 Le refus de considérer tous nos services comme des marchandises tarifées.
 
Il s'agit dans tous les cas d'inciter par tous les moyens matériels et symboliques à ce que les professionnels du soin, de l'éducation, de la recherche, du travail social, de la justice, de la police, de l'information, de la culture, ne puissent pas penser leurs actes autrement que sur le modèle de la marchandise, du produit financier et des services tarifés[4]

 L'humain n'est pas un capital ni une ressource
 
Cette injonction à devoir concevoir les actes professionnels sur le seul modèle de la pensée néolibérale, de ses catégories symboliques et matérielles, participe à une véritable civilisation des mœurs au sein de laquelle l'humain se réduit à un « capital [5] », un stock de ressources qui à l'instar de la nature doit être exploitée à l'infini.

Les coupes budgétaires dont les services de l'État sont préférentiellement l'objet en transforment la nature, sa structure et ses missions.
Les nouvelles formes de l'évaluation des pratiques professionnelles constituent le versant symbolique de cette transformation et se voient depuis le début des années 1990 de plus en plus confiées à des cabinets d'audit privés, et plus récemment à des agences d'évaluation construites sur le même modèle.

 Le refus d'être uniquement évalué en terme de rentabilité financière
 
Cette « nouvelle manière de donner des ordres[6] » par l'expertise est le corollaire obligé des coupes budgétaires, elle en est l'équivalent symbolique. Cette normalisation des pratiques propres aux sociétés de contrôle et de défiance d'allure démocratique, tend à transformer les professionnels en outils d'un pouvoir politique qui traite l'humain en instrument, en « segment technique » comme disait Jaurès.

Cette civilisation des mœurs n'est pas propre à la France, initiée d'abord dans les années 1980 dans le monde anglo-saxon, cette « nouvelle culture du capitalisme financier » s'est globalisée. Là est le véritable problème.

 Le refus d’accepter la déshumanisation imposée au nom de la "mondialisation"
 
On ne saurait aujourd'hui combattre cette normalisation néolibérale des pratiques et des mœurs sans prendre la mesure que c'est bien sur la scène de la mondialisation qu'elle se joue et dont elle prétend tirer sa légitimité.
C'est encore une fois de la globalisation d'une certaine culture et d'une certaine vision du monde que s'autorisent et se légitiment aujourd'hui les abus de pouvoir qui ne permettent pas à un citoyen ou à un peuple  de se concevoir autrement que comme « un homme économique ». Que ce soit le classement de Shangai, l'évaluation des agences de notations financières, les Recherches et Perspectives du Fonds Monétaire International ou les Agences Nationales d'évaluation de la santé, de l'enseignement ou de la recherche, ils procèdent tous de cette croyance délirante dans les chiffres dont la pratique permet une soumission sociale librement consentie.

 Les audits chiffrés sont orientés vers le modèle néolibéral et donc biaisés
 
Les biais méthodologiques de ces activités de contrôle et d'évaluation ont été à plusieurs reprises amplement mis en évidence[7].
Mais rien ne change.
Rien ne change car c'est au niveau international que le néolibéralisme a besoin d'une vision métaphysique du monde lui permettant de chosifier les hommes et de les transformer en marchandises et en produits financiers.

 La mondialisation néo-libérale tente de se faire passer pour universelle
Qu'on l'appelle « théodicée[8] » ou « rationalité [9]», cette conception néolibérale du monde est la « religion du marché [10]» nécessaire à la soumission des peuples et à la massification de leur consommation.
D'où l'illusion selon laquelle, on ne saurait faire autrement que de devoir évaluer tout et n'importe quoi pour accroître la performance.
On ne saurait disjoindre la culture de l'évaluation généralisée, ses dispositifs accréditant l'illusion d'une immaculée conception des chiffres, de leur évidence et de leur réalité naturelle, de cette financiarisation des activités humaines qu'accomplit la mondialisation.


La mondialisation est le « système » qui exproprie aujourd'hui les citoyens de leur propre vie, organise leur servitude volontaire, homogénéise leurs particularismes, détruit les dialectes de leur culture, les convertit en monnaie abstraite et en unités comptables, pour mieux les faire circuler comme des marchandises et des capitaux.

 L'imposition de la mondialisation est totalitaire
Face à un système que l'on ne saurait nommer autrement que « totalitaire » et « extrémiste » dont les intégrismes religieux en sont les « réactions », le débat sur la « démondialisation » [11] et la « définanciarisation » [12] est évidemment indispensable.
Mais il ne peut être l'apanage de tel ou tel homme politique ou candidat dans l'actuelle règle du jeu.
Les fondements d'un système qui nie la souveraineté populaire et les attributs de la citoyenneté doivent être préalablement contestés. Mouvement social et contestation de l'ordre sont consubstantiellement liés.

Face à une technocratie d'expertise, à Gauche comme à Droite, technocratie qui déserte le champ des « souverainetés populaires » et le débat démocratique en abdiquant en faveur des exigences des marchés et des dispositifs symboliques qui les relaient, nous avons aujourd'hui l'occasion d'inciter le politique à faire retour dans le champ qui lui est spécifique.
De quels moyens faut-il se doter pour se déprendre dans le périmètre qui est le sien de cette soumission aux diktats des marchés ?
Comment mener, le plus pacifiquement du monde et avec un souci d'équité, une guerre d'indépendance par rapport à la colonisation par le capitalisme financier de tous les champs de l'existence, bien au-delà du champ de l'économie ?

De notre point de vue, on ne saurait continuer à se mettre en pilotage automatique des chiffres, à situer le débat au seul niveau dit technique, en discutant à l'infini de la forme que doit prendre le tableau de bord, la couleur à donner aux aiguilles du compteur, la luminosité du cadran et les caractères des chiffres, alors que depuis 30 ans on ne regarde plus la route !

 Chaque politicien doit s'affirmer sur la Globalisation en dehors des politiques chiffrées et techniques
Le politique qui prétendrait ne réduire son action qu'à la pure rationalité technique et gestionnaire a déjà adopté la langue et les valeurs du capitalisme financier, a déjà intériorisé ses normes et à l'instar de ces antillais dont parle Franz Fanon se situe dans la logique de « peaux noires et masques blancs ».

Aucune solution politique ne saurait esquiver cette question préalable de la globalisation et de la manière de traiter des pathologies qu'elle induit en conservant les progrès qu'elle a pu permettre.

 La civilisation démocratique n'a pas encore perdu toutes ses batailles
On ne saurait s'y tromper dans une culture du capitalisme financier globalisée, la technocratie - malgré les tourments de « la belle âme » qui déplore les injustices du monde - prépare les prochaines défaites de la civilisation démocratique lorsqu'elle en viendra à se résoudre, au nom du réalisme, à se convertir à nouveau aux valeurs néolibérales.
Aujourd'hui, ce sont les marchés qui surveillent les États là où naguère les États surveillaient les marchés.

 Le débat démocratique devrait gouverner à la place des agences de notations économique
Seul un débat démocratique qui restituerait au peuple sa souveraineté peut lui permettre de sortir de l'ornière technocratique et de son « rationalisme économique morbide[13] ».
Faute de quoi, le seul débat se résume à discuter à l'infini, au millimètre près de la longueur du lit de Procuste sur lequel doit se coucher le peuple, ressassant indéfiniment des arguments divers et plus ou moins philanthropiques pour déterminer à quel niveau devrait au plus juste tomber le couperet de l'austérité, plutôt au-dessus du menton ou au-dessous de la pomme d'Adam...


 La politique seule peut encore sauver le citoyen de son futur annoncé de marchandise
D'où le présent plaidoyer afin que, sans parti pris préalable, on puisse poser d'abord les questions fondamentales de la démondialisation et de la définanciarisation pour assurer le retour du politique et la reconnaissance de la spécificité de son champ.
Aux sirènes du réalisme et du pragmatisme qui préparent aux futures mesures de résignation nous préférons l'invitation de Jaurès d' « atteindre le réel par l'idéal ».
Comme le remarquait Bourdieu d'ailleurs, c'est encore défendre la Raison que de combattre les abus de pouvoir qui s'autorisent ou se justifient de son nom.
C'est ce à quoi invite ce texte.

 N'est-ce pas suivre la voie de cet « esprit de Philadelphie[14] » qui inspira le 10 mai 1944 la première Déclaration des droits à vocation universelle, et ce avant même la victoire finale des Alliés, avant même que puissent être définies les conditions économiques de la reconstruction d'une Europe dévastée, établissant les principes à même de fonder un nouvel ordre international.
Aux antipodes des logiques néolibérales des années 1980, de leur « révolution conservatrice », les principes proclamés dans la Déclaration de Philadelphie posent à la sortie d'une guerre monstrueuse, de ses violences impitoyables, de ses criminalités génocidaires, qu'il ne saurait y avoir de paix dans l'Europe et dans le monde sans devoir se préoccuper d'abord et avant tout de la justice sociale et de la protection de l'humanité dans l'homme dont les États deviennent les garants.


 Inscrire la règle d'or dans la constitution soumettra pour toujours la démocratie à l'économie
L'invitation à inscrire la règle d'or dans la constitution se révèle comme la réplique la plus franche face à notre invitation à faire prévaloir la politique et le droit sur le technique de l'économie budgétaire et sa dépendance aux marchés financiers.
Que les parlementaires la votent ou pas pourrait paraître bien secondaire si au passage le débat préalable qu'elle implique n'est pas ouvert.
C'est là où la crise politique se révèle aussi comme une crise de la culture, de la façon dont une civilisation ordonne, hiérarchise et configure ses valeurs, sa manière de les vivre, son « folklore » disait Gramcsi.

 Inscrire une règle budgétaire dans la Loi qui garantit la légitimité des lois, c'est faire l'aveu d'une confusion entée la norme et la loi, c'est désacraliser la loi en la réduisant à une norme technico-économique, c'est déposséder le politique de toute initiative qui lui serait propre. Au moins les choses sont claires pour ceux qui seraient favorables à une telle proposition, ils se reconnaîtraient comme les gérants loyaux du capitalisme financier, comme les scribes de ses exigences. Ce serait un cran supplémentaire dans le lien de servitude du politique au financier. Si, par contre, l'opinion publique et les politiques ne se contentent pas de refuser cette désacralisation du champ constitutionnel, elles peuvent s'emparer de cette occasion pour retrouver la spécificité de leur logique et de leur analyse.

Ces questions pour essentielles qu'elles soient sont évidemment difficiles et on ne saurait esquiver les problèmes qu'elles posent au moment où les valeurs humanistes prônent la « mondialité » (Edouard Glissant) et la construction sociale de l'Europe.
Mais c'est justement parce qu'elles sont difficiles qu'on doit avoir le courage de les poser - sans y répondre précipitamment - pour construire un monde meilleur, une paix partagée « inter-nationalement[15] », auxquels contribueraient les Etats et non par la pure et simple dissolution de leurs structures de gouvernement.


 Par la punition des politiques économiques des états, la mondialisation offre les peuples aux spéculateurs
Au moment où les pays ne partagent plus seulement les richesses mais aussi les « risques[16] », c'est sur les risques que prospèrent les spéculations et les spéculateurs.
D'où l'extension des zones de non-droits sociaux au niveau international, qui loin de faire du monde un « village planétaire », fier de sa biodiversité culturelle, transforme en stock de ressources humaines dans lequel le capitalisme puise pour accroître le taux de rentabilité des placements financiers.
Cette « civilisation d'usuriers » prend aujourd'hui en otages les Etats qu'elle met dans le même panier que les autres « précaires » qui luttent pour ne pas devenir « surnuméraires[17] ».

 Notre équilibre monétaire n'est pas notre seule identité culturelle
Dès lors que l'on voudra bien admettre avec nous que si pas davantage une monnaie ne saurait fonder une identité culturelle, que si pas davantage une règle budgétaire ne saurait constituer une politique, il s'agit alors d'étudier au préalable de toute action les « territoires politiques » où elle peut aujourd'hui s'exercer, les moyens par lesquels nous émanciper de la tutelle des marchés et restaurer la souveraineté des peuples.
Démondialiser ou définanciariser ne constituent pas une fin en soi, nourrissant cette peur de l'autre dont la droite extrême et l'extrême droite font leur fonds de commerce, mais le moyen par lequel rétablir une biodiversité culturelle et politique que menace l'homogénéisation abstraite et quantitative des marchés.
« Vouloir un autre monde, c'est donc d'abord accepter et vouloir l'homme comme un être libre et comme un citoyen[18] ».

C'est de ce point d'origine du débat dont il nous faut partir si nous voulons ensemble construire cette « humanité qui n'existe pas encore ou à peine » (Jaurès).
Faute de quoi les prochaines échéances électorales signeraient une nouvelle défaite du politique, une nouvelle étape dans sa logique de résignation, sa contribution supplémentaire aux logiques de domination matérielle et symbolique d'une société malade de sa civilisation, dont les élections ne constitueraient que la part de spectacle qu'elle offre en divertissement autant qu'en désespoir à son peuple.

 La démocratie citoyenne doit passer avant les principes économiques quel que soit leur orientation
C'est donc sans préjugés mais non sans passion que nous pensons que ces questions qui ont pris pour nom « démondialisation » et « définanciarisation » ne peuvent avoir de sens en dehors du préalable indispensable de la souveraineté populaire et de la reconstruction de la citoyenneté, fondements de toute démocratie.  

[1] André Bellon, auteur de Pourquoi je ne suis pas altermondialiste, Paris : Les mille et Une Nuits, 2004.
[2] Roland Gori, auteur de De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? Démocratie et subjectivité, Paris : Denoël, 2010.
[3] Philippe Petit, auteur de La France qui souffre, Paris : Flammarion, 2008.
[4] Cf Roland Gori, Barbara Cassin, Christian Laval (sous la dir.), L'Appel des appels. Pour une insurrection des consciences, Paris, Mille et une nuits, 2009.
[5] Gary Becker, The Economic Approach to Human Behavior, Chicago, University of Chicago Press, 1978.
[6] Alain Abelhauser, Roland Gori, Marie-Jean Sauret, La Folie évaluation, Paris : Mille et une nuits, 2011 (sous presse).
[7] Sihem Souid, Jean-Marie Montali, Omerta dans la police, Paris : Le Cherche Midi, 2010 ; Pierre Rimbert, « Bonnet d'âne pour le FMI »,  Le Monde Diplomatique d'Août 2011 ; Yves Charles Zarka (sous la dir.), « L'idélogie de l'évaluation, la grande imposture », Cités, 2009, N° 37 ; Barbara Cassin, Google-moi, Paris, Albin Michel, 2007 ; Gilles Amado (sous la dir.), « La passion évaluative », Nouvelle revue de psychosociologie, 2008, N° 8. Roland Gori, De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? Démocratie et subjectivité, Paris : Denoël, 2010 ; Vincent De Gaulejac, Travail, les raisons de la colère, Paris : Le Seuil, 2011.
[8] Pierre Bourdieu, Contre-feux,  Paris : éditions LIBER-RAISONS D'AGIR, 1998.
[9] Pierre Dardot, Christian Laval, La nouvelle raison du monde, Paris, La Découverte, 2009.
[10] Pier Paolo Pasolini, Ecrits corsaires (1975), Paris : Flammarion, 1976.
[11] Arnaud Montebourg, Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation ! Paris, Flammarion, 2011.
op. cit.
[12] Pierre Laurent, Le nouveau pari communiste, Paris : Le Cherche Midi, 2011.
[13] Roland Gori, 2010, op. cit.
[14] Alain Supiot, L'Esprit de Philadelphie, Paris : Seuil, 2010.
[15] Frédéric Lordon, « La démondialisation et ses ennemis », Le Monde Diplomatique d'Août 2011.
[16] Ulrich Beck, La société du risque (1986), Paris, Flammarion, 2001.
[17] Robert Castel, La montée des incertitudes, Paris, Seuil, 2009.
[18] André Bellon, Pourquoi je ne suis pas altermondialiste, Paris, Les mille et Une Nuits, 2004.

titres et  présentation : alain lacour 2011