vendredi 22 août 2014

J'ai lu "Tahoe, l'enlèvement" de Todd BORG

"Tahoe, l'enlèvement" de Todd Borg 

offre, en début de lecture, un sentiment étrange. L'écriture en semble frustre, le sujet d'ouverture convenu pour créer une accroche, le "héros" pas très humain. Ensuite, tout le monde semble se remettre assez habituellement de cette prise d'otage improbable d'une femme par deux méchants à la proue d'un bateau de "croisières touristiques sur le lac Tahoe" et l'impression de malaise a persisté, lors de ma lecture en ebook.

   Plus encore qu'un livre imprimé, un ebook prête le flan au doute lors de sa lecture car il y a toujours le risque d'avoir en fichier un ebook fait à la va-vite, ou traduit par un amateur, ou océrisé par un béotien, etc... En gros, la possibilité de s'être fait refiler une mauvaise version électronique d'un bouquin honorable ou une œuvre écrite par un amateur qui la présente comme un véritable produit d'édition.

   Pourtant, le livre papier existe bien et a eu son petit succès mais les premiers chapitres semblent bien patauds alors que les universités américaines font des cursus d'écriture de romans comme les françaises de la sociologie économique ou que sais-je encore... Un auteur américain qui a sorti son livre sur place apporte généralement dès les premiers chapitres une sensation confortable de déja-vu aussi sécurisante que celle de découvrir une nouvelle série US sur une chaine pluraliste : on connait déjà le type de narration, les 3 rebondissements par épisode, la relation entre les 2 personnages principaux...

Question de traduction et relecture alors? 

Aucune raison de douter de Pascal Aubin, le traducteur mais certaines phrases semblent quand même poser problème : alors que l'auteur est lancé et a montré son talent de narrateur de scènes d'action, lire pendant une bataille sanglante sur un bateau en danger " Il valait la peine de prendre le temps de ralentir le bateau" semble nous arriver tout droit de l’Angleterre victorienne.

      Le fait que le détective privé Mckenna sorte rarement de chez lui sans son énorme chien qu'il emmène même lors de poursuites en bateau en tirant avec son hors-bord une chaloupe en plastique ou se couche le clébard évoque davantage un récit comique qu'un polar.
       Ses relations de travail sur un pied d'égalité avec toutes les polices et bureaux de shérifs locaux semble aussi très éloigné des habitudes de rivalités et d'esprits de clocher qu'on rencontre habituellement au sein des services de l'ordre même si le fait qu'il est un ancien flic de san-francisco peut l'expliquer en partie.
     Mais il est vrai que dans ce comté, le chirurgien est aussi un meilleur décripteur de caractères chinois que deux experts reconnus, que la petite amie du héros fait des kilomètres pour prendre un potage avec McKenna et rentre ensuite chez elle, que les services de polices tolèrent dans leur comté une secte armée jusqu aux dents alors que le Patriot Act autorise à peu près n'importe quelle perquisition ou arrestation, que l'immense territoire que la secte occupe est décrit ailleurs comme un carré de quelques centaines de mètres de côté... des invraisemblances ou erreurs qui font douter de la moindre vraisemblance alors que le reste est plutôt bien raconté.

Il reste que j'ai trouvé le roman  plus intéressant que je ne le laisser penser ici.
On voit assez rarement une action se dérouler dans cette contrée montagneuse proche du pacifique, ceux qui ont eu un grand chien reconnaitront bien des attitudes de Spot, le monde des anciens chercheurs d'or et des immigrés chinois est décrit lors d'un retour dans le passé, un des personnages fait bien vivre son projet de lutte contre le mysogisme qui règne lors de la distribution des métiers dans l'idustrie technologique de la silicon valley, un vieux professeur juif d'université raconte bien ses désillusions sur la culture de ses jeunes élèves adultes et l'apparence d'ouverture aux minorités que la société américaine vante mais pratique peu.
Mais une chasse au trésor qui se termine per une bataille au javelot sur un bateau lancé sans gouvernail à pleine vitesse en direction d'une falaise, c'est "Speed 2" rencontre "les aventuriers de l'Arche perdue".

Je dirais " Peu d'intérêt en tant que thriller mais des témoignages intéressants."
Alain Lacour / Sitges , BA, Espagne





Fiche détaillée (Fnac)     "Tahoe, l'enlèvement" de Todd Borg
Auteur         Todd Borg         Traduction           Pascal Aubin
Editeur        Ma Editions      Date de parution              16/05/2012
Collection   Pole Noir           ISBN        2822401047    EAN           978-2822401043
Caractéristiques numériques
Format        ePub      Date de parution            16/05/2012    EAN            9782822409551
Type de DRM           Adobe DRM   

jeudi 14 août 2014

J'ai lu Un Dernier Verre Avant La Guerre de Dennis Lehane



Dennis Lehane 

a eu une vie d’écrivain de polar bien avant d’être universellement connu pour « Shutter Island » ou « Gone Baby Gone » qui ont été aussi des réussites cinématographiques.

« Un Dernier Verre Avant La Guerre » 

est son premier roman (1994), un polar bien foutu qui met en scène un privé dans la lignée des grands enquêteurs des romans des fifties , ici en action à Boston. Il est dur à la tâche, plein d’humour et nous raconte son enquête à la 1ere personne, la sienne.
Toujours dans la tradition, l’affaire qui lui est apportée semble d’une simplicité en accord avec ce que tout privé peut faire : une secrétaire a quitté son job en emportant les esquisses d’un projet de loi, sans doute pour faire chier son politicard de patron. Patrick est spécialisé dans la recherche de personnes disparues et il est tout naturel de faire appel à lui pour cette tâche. Quelques recherches basiques plus tard, il retrouve la fugueuse chez sa sœur, à quelques heures de Boston. mais ce qu’elle lui raconte est bien différent : les documents impliqués n’ont rien à voir avec ce qu’on lui a dépeint. Comme Patrick Kenzie se retrouve aussi dans la ligne de mire d’un gros-bras chargé de le liquider, il se demande s’il n’a pas seulement été utilisé comme chien de chasse propre à rapporter à son maître un gibier difficile.
Patrick Kenzie, le privé, a de douloureux souvenirs de son enfance, sa partenaire Angela Gennaro retourne chaque soir auprès de son amant qui la tabasse, ils ont tous deux des amis aussi fidèles qu’efficaces depuis qu’ils les ont sortis de la panade, la Nouvelle Angleterre est ici une contrée abritant les vices et mensonges les plus secrets, une région au début d'une guerre irrésistible.

Cela peut sembler vu et revu 

mais le rythme est là, le récit détaillé sans lourdeur, les caractères plus fouillés qu’il n’y parait pour ce petit bouquin qui fait passer un bon moment. Ça donne envie de retrouver le David Brandsetter de Joseph Hansen pour reprendre encore un peu de vice, d’océan, de bourbon et autres relations illicites et infamantes…

Ebook

bonne réalisation mais des enchainements de paragraphes non identifiés qui perturbent parfois.






Un dernier verre avant la guerre (WIKIPEDIA)
Auteur         Dennis Lehane       
Titre original            A Drink Before the War       Éditeur original          William Morrow & Co
Langue originale      Anglais américain        Pays d'origine       États-Unis
Lieu de parution original      New York       Date de parution originale               1994
ISBN original     ISBN 0-15-100093-X
Version française   Traducteur         Mona de Pracontal     Éditeur     Payot ; Rivages
Collection   Rivages/Noir         Date de parution         1999   
Type de média         Livre papier       Nombre de pages           344
ISBN    9782743607388          Série      Kenzie et Gennaro
 



    lundi 11 août 2014

    J'ai lu Miserere de Jean-Christophe Grangé



    Back to basics 

    Quand j’en ai marre de tester des auteurs nouveaux (pour moi), marre d’interrompre ma lecture avant la moitié du bouquin, abruti de poncifs, copies éhontées de succès d’éditions et autres personnages agissant comme des abrutis, j’essaye de me replonger dans des valeurs sûres.
    Avec ceux de Frank Thilliez, les bouquins de Jean-ChristopheGrangé m’ont souvent redonné le plaisir de lire, ce qui est quand même le minimum qu on peut attendre quand on fait l’effort  d’aller à la bibliothèque, d’acheter un poche,  de dénicher un ebook.
    Grangé est, parait-il, un des rares auteurs de polars français à réussir aux Etats-unis : je ne m’avancerai pas sur la réalité de cette affirmation : on nous a abreuvé de Sylvie Vartan ou Mireille Mathieu célèbres aux Etats-unis alors que je n’ai jamais trouvé un de leurs disques sur place chez Tower Records , même dans les années 90.
    Quant à la caution américaine de qualité, on peut être dubitatif : les meilleures ventes cette semaine du 14 aout 2014 sont, en thrillers, des romans de Danielle Steel et Daniel Silva (il faut s’appeler Daniel(le)
    cette semaine aux USA). Je n’ai pas lu Steel depuis un moment mais je n’en avais pas été bouleversé.
    On n'est jamais déçu !
    Comme les enseignants aimaient à proclamer « Avec la Camif, on n’est jamais déçu ! », je dirais qu’avec Grangé, je ne le suis jamais non plus. J’arrive avec précaution dans le bouquin car la couverture en est généralement racoleuse, la publicité ratisse large, les hypermarchés en proposent des stocks. Pourtant, je me fais accrocher à chaque fois.
    Par exemple, jouer sur l’antagonisme ou l’opposition de deux personnages principaux est un ressort connu pour générer un intérêt du lecteur et il est tentant pour un auteur d’en faire des tonnes.
    Dans Miserere pourtant, Grangé s’appuie sur un seul enquêteur au départ, décrivant ses attitudes, ses échecs , ses deuils (oui, encore des ressorts qui ont fait leurs preuves) mais aussi ses anti-dépresseurs, comme en une version actuelle des drogues et alcools dont les héros sont habituellement imbibés. Il est vieux , le bonhomme, à la retraite de la police. On croit bien le connaitre après quelques dizaines de pages alors que son futur partenaire apparaitra comme une source de problèmes, d’incertitudes issus de son trouble passé. Nos gentils ne seront donc pas très cleans.
    Les méchants seront en revanche très méchants : s’attaquer à des enfants, des choristes même ! Alors que les claques sont interdites aujourd’hui, ici on y va à la torture sur d’innocents garçons pré pubères. L’auteur ne va-t-il pas jusqu’à accuser nos têtes blondes d’être eux-mêmes des psychopathes recourant à la terreur puis au meurtre « en chantant » comme le répétait Michel Sardou au siècle dernier ? Au moins, on évitera le manichéisme et la manipulation consistant, comme dans Jurassic Park, à faire fuir devant d’affreux dinosaures sanguinaires de tendres enfants désarmés en présentant le film comme « tous publics ».
    C’est sûr, on n’est pas obligé d’accrocher, on n’est pas obligé de suivre l’auteur sur son étude historique du chant choral, de la torture, de la violence enfantine… Dans ce cas_là, le bouquin risque de paraître bien longuet.
    Pourtant, le choix de faire appel aux différents services français de maintien de l’ordre, à quelques techniques de recherches internet (peu explicitées), à des régions françaises méconnues sont des bonnes idées permettant au lecteur de se sentir inclus dans la progression de l’histoire.
    Miserere est donc, à mon sens, un bon polar qui a le bon goût de proposer quelques techniques historiquement utilisées afin d’expliciter ce qui parait parfois fantastique dans l’intrigue. Un bon polar français qui ne semble pas trop lorgner du côté des réussites anglophones, si ce n’est dans l’efficacité de quelques scènes d’action de groupes armés qui font forcément penser aux blockbusters à gros budgets américains.

    Wikipédia m’apprends que  « Le réalisateur Sylvain White a adapté ce roman au cinéma. Gérard Depardieu et Joey Starrfont notamment partie de la distribution1 ». Titre :  La marque des Anges /
    2013.Les quelques critiques que j'ai parcourues semblent donner un net avantage au bouquin.