mardi 15 mars 2016

Président, Sarkozy avait la tâche pourtant facile.

Quatre ans après sa défaite de fin de quinquennat, les photos de Nicolas Sarkozy apparaissent
ponctuellement dans les posts facebook qui ont remplacé les mails envoyés en nombre des années 2010.
Dans ces cas là, je me demande comment ce bonhomme a pu mécontenter les seuls électeurs faciles à satisfaire de france : les fous de sécurité intérieure, les remplisseurs de caddie de début de mois, les blancs peu éduqués n'ayant que leur identité à faire valoir.

Si la tâche des leaders des pays européens consiste surtout aujourd'hui à veiller à à ce que les rouages des entreprises et des banques ne connaissent aucun grippage, se faire élire en promettant davantage de sécurité, moins d'immigrés et de gagner plus en travaillant plus semblait un pari facile à tenir...
Comme le lièvre de la fable, qui fallait-il être pour perdre le droit au deuxième mandat avec si peu à faire?

  Côté sécurité, embaucher quelques milliers de policiers était possible (et la moindre des choses quand ce président en mobilisait 800 à chaque déplacement). Pourtant les effectifs policiers ont baissé sous son quinquennat. Préserver les effectifs des armées et mettre les troufions inactifs aux grands lieux de passage aurait envoyé aussi un message rassurant mais les casernes ont fermé en nombre, entrainant la baisse d'animation des centres-villes de garnisons et le mécontentement d'élus et commerçants.

  Surveiller les arrivées d'immigrés, brosser les despotes des pays d'origine dans le sens du poil, faire passer les désirs des français avant sa propre gloriole à l'international relevaient du domaine du possible quand on a un top model fraichement épousé chez soi? Et bien non,il a fallu que l'immigration visible continue d'augmenter, que Sarkozy aille faire la leçon aux dirigeants africains ou s'engage comme l'aurait fait Che Guevara dans une guerre en Lybie (donnant, comme à l'époque du Koweit, aux intégristes musulmans la bonne idée de reparler des croisades).

Les riches étaient contents (plus d'ISF), les pauvres étaient contents en voyant leurs heures supp non imposées, les auto-entrepreneurs étaient contents en croyant que leur faible imposition durerait...
Mais les riches n'étaient pas assez nombreux au moment du vote de 2012, les auto-entrepreneurs rattrapés par les impôts non versés, les pauvres humiliés par les rolex, yachts et autre bimbos, les anxieux effrayés par les voitures brulées, les vols de sac à mains, les flics invisibles ou laissant faire.

Et non, Sarkozy ne s'est pas contenté de ce qu'il avait appris à faire en politique à Neuilly ou au ministère de l'intérieur.
Qu'en avait-il à cirer qu'on le critique sur le Fouquet's? sur sa croisière Bolloré? sur son avion hors de prix trop gros pour atterrir en province? Sur sa chanteuse adorée des bobos et kidnappée sous leur nez pour etre enfermée à l'Elysée? Sur ses proches qui comparaient leurs nouvelles bimbos obtenues depuis l'élection en échange de leur première femme? Sur ses costumes italiens et ses rolex?
Il était un président de droite et il l avait assez annoncé, non?

Alors pourquoi offrir le samedi matin libéré aux instituteurs (qui ne l'ont pas davantage aimé ou soutenu pour autant) et créer ainsi une rumeur d'élèves surmenés ?(comme s'ils se portaieent mieux aujourd'hui avec des horaires qui changent tous les jours).
Pourquoi jouer les Bernard Henri Levy en envoyant les avions français soutenir le dernier des printemps arabes alors qu'il pouvait cyniquement rappeler qu'une police brutale en Lybie, en Tunisie ou au Maroc, pays de passage, ce sont des centaines d'immigrants en moins en Europe?

Pourquoi humilier ses électeurs médecins en consultant chaque semaine un rebouteux à l'Elysée au moment où des médicaments appréciés sortaient du conventionnement?
Pourquoi se rendre ridicule en portant des talonnettes que tout le monde remarque alors qu'on est président, qu'on est arrivé plus haut que les autres français? Nul besoin d'interdire les interlocuteurs de plus d'1m70 pendant les visites en usines quand on est le président.

Des décisions, des pathologies,  des comportements qui auraient demandé autre chose qu'un sorcier rebouteux pour être soignées.

AL 2016