samedi 22 octobre 2011

Autoportrait

Le matin suivant, je me levai de bonne heure et me regardai dans le miroir bien que ce ne soit pas un lundi. Mes yeux semblaient encore plus plissés qu'avant, comme s'ils attendaient avec impatience la position totalement close. 
Les poches de graisse avaient peut-être diminué - j'avais maigri au cours des derniers mois sans que j'y sois pour quoi que ce soit. 
Autour de ma taille, le temps s'était arrêté ou était reparti en arrière, mais partout ailleurs il fonçait de l'avant: les pores toujours plus profonds, du moins, quand je les regardais dans le miroir, les poils du nez toujours plus longs. 
Une peau de vieil homme en cours de dévelop­pement avec ces étranges marbrures rougeâtres.
Avant, tout cela me semblait insignifiant, car j'étais un autre, cet homme de trente ans que je gardais en mémoire. Le reste n'était que conjoncturel et ne remet­tait pas l'image en cause.
Peu à peu, il devint cependant de plus en plus difficile d'atteindre l'image originelle en moi. La surface visible, le reflet de plus en plus embarrassant, commençait à être mon véritable moi. Je n'avais peut-être pas cette apparence par hasard. Ceci était peut-être moi - ou ce qu'il en restait à présent que mon moi antérieur s'enfonçait de plus en plus profon­dément en moi et disparaissait.
Parfois, quand à la table de cuisine je me livrais à une introspection, je ne trouvais vraiment rien en moi. Pas même un sol en plaques métalliques au-dessus d'un subconscient inaccessible, avec un peu de lumière qui filtre par les interstices des ouvertures. Je laissais un cône de lumière gris cendre jouer sur une cave aban­donnée bien nettoyée, mais ne voyais que le sol qui est tout au fond, sans trappes ni interstices, sans rien qui soit dissimulé au-dessous. 
J'étais tout à fait normal, préparais à manger, pensais à Inger, pensais au Chas­seur, mais ce n'était que le moi quotidien qui fonction­nait en mode automatique. Il manquait quelque chose là-dessous alors que ça aurait dû être là chez un être humain.
Que ressentais-je dans ces moments-là? Un senti­ment de vide. Que tout au fond de moi et à l'extérieur il n'y avait finalement que le vide. Ce n'était même pas éprouvant ou effroyable, juste superficiel et insi­gnifiant. Je savais qu'il manquait quelque chose mais je ne le ressentais pas.
C'était peut-être la sagesse de la nature qui s'expri­mait ainsi. Ce que nous sommes vraiment va petit à petit être anéanti, pendant que nous pouvons encore le voir. Nous ne laisserons pas grand-chose derrière nous. La coquille d'un être, rien qui mérite qu'on s'y attarde, jusqu'à ce que, pour finir, nous partions d'ici et disparaissions.


vendredi 14 octobre 2011

Qui nous a imposé Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012?

Source http://forums.france2.fr/france2/avousdejuger/qui-vote-sarkozy-sujet_9227_1.htm

L'enquête menée par IFOP le 22 avril 2007 juste après les résultats du 1er tour,  pour le JDD et M6 sur les intentions de vote au deuxième tour donne gagnant Nicolas Sarkozy, avec 52,5% (-1,5%) contre 47,5 (+1,5) pour Ségolène Royal, avec 9% d'indécis.
Le résultat le plus surprenant de cette étude ne tient pas à ce chiffre, mais au détail de la répartition des votes par tranches d'âges.
En effet Ségolène Royal arrive en tête des intentions de votes dans toutes les classes d'âges situées en dessous de 65 ans.

Si le candidat de l'UMP parvient tout de même en tête c'est qu'il fait un tabac chez les retraités, avec un score atteignant 75% qui lui permet de combler son retard.
 
Ventilation par classe d'âge du vote Royal
18/24 ans 53%
25/34 ans 54%
35/49 ans 56%
50/64 ans 51%
65 ans et plus 25%

Voila donc une réalité sociologique inattendue.
C'est le vieillissement de la population qui tire le corps électoral français vers la droite.
Loin d'être le candidat du travail et des forces vives comme son discours volontariste semble l'affirmer,
Nicolas Sarkozy serait en fait celui de l'inquiètude et des peurs ressenties par une population vieillissante, devant une modernité qui la bouscule et qu'elle refuse. 


http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-france-qui-a-vote-sarkozy-et-celle-qui-voulait-faire-barrage_120840.html

L'analyse des résultats et des sondages sortie des urnes du second tour de la Présidentielle permet de distinguer, au delà de la nette victoire de Nicolas Sarkozy, une France à deux visages.

Avec 53,06% des voix contre 46,94% à Ségolène Royal, chiffres définitifs, la victoire de Nicolas Sarkozy est nette et ne souffre d'aucune contestation. Et ce d'autant plus que la participation ne s'est pas démentie au second tour, restant sur des hauteurs élevées à 84%, soit au niveau du premier. Seul bémol : les votes blancs ou nuls montent à 4,20% des votants. Mais rien qui puisse altérer la clarté du mandat accordé au candidat de l'UMP qui a été élu sans ambigüité sur un programme de droite, que d'aucuns qualifient de libéral et populaire.
D'après l'enquête Ipsos/Dell réalisée pour France 2, Europe 1, 20 Minutes et le Point auprès de 3609 personnes, 77% des électeurs de Nicolas Sarkozy ont voté pour lui parce qu'ils avaient « envie qu'il soit président », contre 18% qui voulaient surtout « barrer la route à Ségolène Royal ». Autrement dit, une adhésion forte à un homme et à un projet. Chez sa rivale socialiste, ils ne sont que 55% à avoir manifesté un tel vote de confiance personnelle. 42% des électeurs de Ségolène Royal mettent en effet en avant un vote anti-Sarkozy. Le candidat UMP a donc bien réussi à être le personnage central de cette élection présidentielle. Et il a transformé le "Tout sauf Sarkozy" en référendum pour ou contre lui. Un référendum qu'il a remporté.
Une France de droite... et une France de gauche
Reste que si cette victoire est nette, elle est loin d'être totale. La répartion géographique et sociologique des électeurs au second tour laisse même entrevoir une France à deux visages.
Ainsi, si le nouveau président de la République l'emporte dans 16 régions sur 22, au Nord et à l'Est, un gros bloc de 6 régions situées à l'Ouest lui échappe : Auvergne, Poitou-Charentes, Aquitaine, Bretagne, Midi-Pyrénées, Limousin. Par ailleurs, d'après Ipsos, s'il a été massivement choisi par les ruraux (57%) et les habitants des villes petites et moyennes, Ségolène Royal fait jeu égal avec lui dans les agglomérations de plus de 100.000 habitants et dans la région parisienne.
Sociologiquement, ensuite, la Présidentielle 2007 réactive les caractéristiques du clivage gauche-droite le plus traditionnel. Nicolas Sarkozy l'emporte en effet avec une majorité écrasante auprès des artisans-commerçants (82/18) et des agriculteurs (67/33). Et il domine plus légèrement les professions libérales et les cadres supérieurs (52/48). Ségolène Royal, en revanche, arrive en tête auprès des catégories populaires, employés (51/49) et surtout ouvriers (54/46). Idem du côté des professions intermédiaires (51/49). Ce clivage se retrouve de façon encore plus marquée en fonction du statut de l'interviewé. Car si les salariés du privé votent majoritairement Sarkozy, à 53%, ceux du public choisissent Royal encore plus majoritairement, à 57%.
Deux bastions anti-Sarkozy : les jeunes et les défavorisés
Reste que la principale ligne de fracture n'est pas là. Elle concerne les catégories les plus défavorisés et les plus fragiles. Les titulaires de revenus modestes ont en effet très majoritairement voté pour Ségolène Royal, à 56%. Quant toutes les autres tranches de revenus, à partir du niveau moyen inférieur recensé par Ipsos-Dell, s'est prononcé pour le candidat UMP. Et la cassure est encore plus nette auprès des chômeurs qui plébiscitent la représentante socialiste à 75%!
Enfin, deuxième motif de réflexion pour Nicolas Sarkozy, sa défaite auprès des jeunes de moins de 25 ans, chez qui sa rivale l'emporte avec 58% des suffrages. Logiquement, celle-ci gagne aussi la bataille des étudiants, avec le même score.
Certes, le candidat UMP se rattrape avec les 25-34 ans, autrement dit les jeunes actifs (57% des voix). Mais il ne fait que jeu égal auprès des 35-44 ans et est à nouveau devancé chez les 45-59 ans. Il règne en revanche sans partage chez les séniors, avec 61% des voix chez les 60-69 ans et même 68% au delà.

samedi 14 mai 2011

J'aime pas

J'aime pas : qu'il n y ait aucune chaine de télé d'opposition en France.

J'aime pas : 
Eric Woerth : il se dit persécuté aujourd'hui mais je l'ai vu revenir sur un mensonge dont il nous avait abreuvé pendant des jours et ce n'est que la preuve sous le nez qu'il en a démordu. La seule erreur qu'il reconnait est d'un autre domaine et bien minime. Marre qu'on me mente comme si c'était normal.
Dégouté qu'il nous ait expliqué à quel point le travail c'est la santé, même après 60ans alors qu'il ne fait ni ses courses, ni son ménage ni même ne conduit sa voiture...



J'aime pas :
La pub déguisée
Officiellement pour respecter des obligations de service public mais en vérité afin de libérer des parts de marché pour les chaines privées, la télé publique ne passe plus de publicité après 20 heures . Mais c'est une succession de "votre film avec Groupama", "la météo avec darty" etc... Et surtout les jingles criards diffusés en volume augmenté qui nous cassent les pieds...
On ferait mieux d'interdire la publicité en journée alors que les enfants s'en repaissent et la laisser le soir car les adultes sont là pour relativiser. Donc, impossible de croire la fable de "l'obligation de service public"

mercredi 30 mars 2011

VALFREJUS,


Des sites touristiques à proximité de Valfrejus

1  Fortifications de l'Esseillon   
F - L'Esseillon
Distance : 8 km
Adresse
F - L'Esseillon
Téléphone
04 79 20 30 80
Commentaires
Le verrou de l‘Esseillon est surmonté d‘un ensemble de cinq forts élevés par la monarchie sarde de 1817 à 1834 pour défendre le passage du Mont-Cenis contre une éventuelle invasion française. Chacun porte le prénom d‘un membre de la maison de Savoie. Restauré et classé, le fort Marie-Christine marque le point culminant des fortifications. Le plus important est le fort Victor-Emmanuel, progressivement restauré. Sur la rive gauche de l‘Arc se dresse la redoute Marie-Thérèse, reliée à l‘ensemble par l‘impressionnant pont du Diable.

2  Monolithe de Sardières   
F - 73500 Sardières
Distance : 12 km
Adresse
F - 73500 Sardières
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Cette aiguille rocheuse de Cargneule, haute de 83 m, est complètement isolée dans un agréable sous-bois de sapins, à la limite Sud du Parc de la Vanoise.

3  Cime de Caron   
F - 73340 Val-Thorens
Distance : 12 km
F - 73340 Val-Thorens
Téléphone
04 79 00 08 08
E-mail
Site
Commentaires
Du haut de la cime de Caron, on pourra admirer l‘un des plus beaux panoramas des Alpes. D‘ici sont visibles le Mont-Blanc, la Vanoise, le Queyras, le Thabor et les Ecrins.

4  Glacier de Péclet   
F - 73440 Val-Thorens
Adresse
F - 73440 Val-Thorens
Téléphone
04 79 00 08 08
Commentaires
Le glacier de Péclet et la cime Caron font partie de ce paysage d‘altitude, tout comme les massifs des Grandes Rousses et de Belledonne. En été, possibilité d‘accéder par le biais du télésiège des 3300, à un belvédère d‘où l‘on jouit d‘un somptueux panorama sur le Mont-Blanc et la Vanoise.



5  Massif de la Vanoise   
F - 73150 Val-d'Isère
Distance : 14 km
Adresse
F - 73150 Val-d'Isère
Commentaires
Occupant près du tiers de la Savoie, ce massif s‘étend entre les vallées de l‘Isère au Nord et de l‘Arc au Sud. Véritable paradis du skieur, du randonneur et de l‘alpiniste, la « zone centrale » du Parc national, créé en 1963, combine tous les genres sur ses 53 000 ha. A la périphérie, pas moins de 1 000 km de pistes skiables vous attendent (Espace Killy, les Trois Vallées...). Tout cela dans des paysages grandioses où poussent quelque 1 000 espèces de fleurs et où gambadent, entre autres, bouquetins, chamois et marmottes...

6  Lac Blanc   
F - 73710 Pralognan-la-Vanoise
Distance : 15 km
Adresse
F - 73710 Pralognan-la-Vanoise
Commentaires
Cette excursion assez longue est exceptionnelle. La dent Parrachée, toujours enneigée, vient se refléter dans les eaux du lac Blanc, l‘un des plus beaux de la Vanoise. Plus haut, on admirera l‘aiguille de Polset, le glacier de Gébroulaz, le col de Chavière, la pointe de l‘Échelle ainsi que le glacier du Génepy.


7  Col du Télégraphe   
D 902 F - 73140 Saint-Michel-de-Maurienne
Distance : 17 km
A une altitude de 1 566 m, il vous ménagera (si vous grimpez sur le piton rocailleux) une vue plongeante sur la vallée de l'Arc.


8  Mont de la Chambre   
F - 73440 Les Menuires
Distance : 17 km
À 2850 m d'altitude, le mont de la Chambre propose un beau panorama sur le massif du Mont-Blanc, la vallée de Méribel, les glaciers de la Vanoise, ceu..



9  Vallée de la Clarée   
F - 05
Distance : 18 km
Qui résisterait aux charmes de la plus séduisante vallée du Briançonnais ? Comme ses versants ne se prêtent pas aux remontées mécaniques, elle est res..



10  Mont du Vallon   
F - 73 Meribel
Distance : 18 km
Situé à 2952 m, le mont du Vallon permet d'observer la vallée de Belleville et, au second plan, les aiguilles d'Arves et le massif des Grandes-Rousses..



11  Route du Galibier   
Adresse
Route du Galibier F - 73450 Valloire
Site
Commentaires
Cette route, la plus célèbre des Alpes françaises avec celle du col de l’Iseran, relie la Maurienne au Briançonnais. Une sévère montée, offrant des vues sur la Maurienne, conduit du fond de la vallée de l’Arc à la vallée affluente « suspendue » de la Valloirette. Au col du Galibier, s‘offre un magnifique panorama circulaire ponctué, côté nord, par les aiguilles d’Arves et le mont Thabor ; côté sud, par les monts du Briançonnais mais surtout par les glaciers et les cimes neigeuses (barre des Écrins, Meije) du massif des Écrins.


12  Plan de Tueda   
D 90 F - 73550 Méribel
Distance : 20 km
Egalement appelé arolle, le pin cembro, qui peut vivre pendant 600 ans, constitue l'essence principale de forêt de la Réserve naturelle de Tueda, qui ..


13  Petit Mont Blanc   
F - 73120 Courchevel
Distance : 20 km
C'est par le col de Saulces que l'on accède au Petit Mont Blanc (2 677 m). Ce dernier offre un superbe panorama sur la vallée de Pralognan où se dis..


14  Les lacs Merlet   
F - 73120 Courchevel
Distance : 21 km
En partant du mont Bel-Air, l'ascension vers les lacs Merlet ne décevra personne. Ici, c'est un peu de magie qui anime ce merveilleux cadre au pied ..


15  Route du lac du Mont-Cenis   
F - 73480 Lanslebourg-Mont-Cenis
Distance : 22 km
A deux pas de la frontière franco-italienne, cette route mulitplie les points de vue : sur les glaciers de la Vanoise, sur les sommets de la Grande Tu..

mercredi 23 février 2011

Argent, enseignement et respect

    C'était une Jour­née propice, dernier vendredi du mois, jour de paie pour beaucoup, le terme d'une période de besoin qui survenait invariablement en fin de mois, quelle que fût l'attention attachée aux dépenses les vingt-cinq jours précédents. Les apprentis en étaient une bonne illustra­tion. 
Lorsqu'ils avaient commencé à travailler au Tlok­weng Road Speedy Motors, Mr. J.L.B. Matekoni les avait mis en garde : il convenait de gérer ses ressour­ces avec méticulosité. Il était tentant, avait-il reconnu, d'imaginer que l'on pouvait dépenser l'argent à l'ins­tant même où il parvenait entre vos mains.
- C'est très dangereux, avait-il expliqué. Beau­coup de gens ont le ventre plein les quinze premiers jours du mois, tandis que leur estomac crie famine les deux dernières semaines.
Charlie, l'aîné des apprentis, avait échangé un regard entendu avec son jeune collègue.
- Ça fait vingt-neuf jours, avait-il déclaré. Et les deux autres, patron ?
Mr. J.L.B. Matekoni avait soupiré, mais ne s'était pas départi de son calme.
- Ce n'est pas le problème, avait-il répondu.
Il serait aisé de perdre son sang-froid avec ces gar­çons, il le constatait, mais il fallait s'en garder. Il était leur maître d'apprentissage, ce qui signifiait qu'il devait se montrer patient. L'on ne parvenait à rien en s'énervant avec les jeunes. Se mettre en colère contre un jeune, c'était comme crier sur un animal sauvage : cela le faisait fuir.
- Ce qu'il faut faire, avait donc poursuivi Mr.J.L.B. Matekoni, c'est déterminer la somme dont vous avez besoin chaque semaine. Ensuite, vous dépo­sez tout votre argent à la poste, ou dans n'importe quel lieu sûr, et vous le retirez une fois par semaine.
Charlie avait souri.
- On peut toujours prendre un crédit, avait-il lancé. On peut acheter plein de choses à crédit. C'est moins cher.
Mr. J.L.B. Matekoni avait contemplé le jeune homme.
Par doit-on commencer ? s'était-il demandé. Comment fait-on pour combler les lacunes d'un jeune ? Il y avait tant d'ignorance en ce monde , d'innombrables hectares d'ignorance semblables à des zones d'obscurité sur une carte géographique. La com­battre revenait aux enseignants et c'était pourquoi ces derniers étaient si respectés au Botswana... Du moins l'étaient-ils jadis. Mr. J.L.B. Matekoni avait remarqué, depuis quelque temps, les gens, même jeunes, estimaient que les enseignants étaient des individus comme les autres. Mais pouvait-on apprendre quoi que ce fût si l'on ne respectait pas son professeur ? Respecter quelqu'un, c'était accepter de l'écouter et de tirer les enseignements de ses paroles. Les jeunes gens comme Charlie, pensait Mr. J.L.B. Matekoni, croyaient déjà tout savoir. Eh bien, soit ! Il tenterait, lui, de leur inculquer certaines choses en dépit de leur arrogance. 

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Grace Makutsi et Mma Ramotswe n'ignoraient rien des fins de mois difficiles. 
Sur le plan financier, Mma Ramotswe avait toujours été nettement plus à l'aise que la moyenne, grâce au talent du défunt Obed Ramotswe (son père) pour repérer le beau bétail, mais elle savait la nécessité de comptabiliser chaque sou, lot quotidien de ceux qui l'entouraient.  
Rose, par exemple, la femme de ménage de la maison de Zebra Drive, n'avait pas le choix. Elle avait beaucoup d'enfants - Mma Ramotswe ignorait combien exactement - et ces enfants savaient ce que signifiait aller au lit le ventre creux, en dépit des efforts de leur mère. L'un d'eux, un petit garçon, peinait en outre à respirer, de sorte qu'il lui fallait des inhalateurs. Ceux-ci coûtaient cher, même avec l'aide de l'hôpital public. 
Et il y avait aussi Mma Makutsi elle-même, qui avait dû subvenir seule à ses besoins durant ses études à l'Institut de secrétariat du Botswana. Tous les jours, à l'aube, avant les cours, elle allait faire le ménage dans un hôtel. Cela n'avait pas dû être facile de se lever à quatre heures du matin, même l'hiver, lorsque les cieux étaient violemment vides (c'était ainsi qu'elle-même formulait les choses) du fait du froid, et le sol, dur sous les pieds. Toutefois, elle avait fait attention, économisé chaque thebe gagné et à présent, enfin, elle jouissait d'un certain niveau de confort avec sa maison (ou plutôt, sa moitié de maison, pour être précis), ses chaussures vertes à doublure bleu ciel et, bien sûr, son nouveau fiancé...


In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith 2007

Femmes et hommes

Est-ce que vous vous êtes aperçu à quel point il est rare qu'un amour échoue sur les qualités ou les défauts réels de la personne aimée ? [Jacques Lacan]            Extrait de Séminaire





Mma Makutsi a laissé croire à son fiancé, Phuti, qu'elle était féministe et elle s'inquiète maintenant.
"Mma Makutsi rentra chez elle de bonne heure cet après-midi-là. Elle expliqua à Mma Ramotswe qu'elle avait le repas de Phuti Radiphuti à préparer et qu'elle tenait à ce qu'il fût délicieux. Mma Ramotswe trouva l'idée excellente, ajoutant qu'il serait également judi­cieux de reparler du féminisme avec lui.
- Tranquillisez-le, conseilla-t-elle. Expliquez-lui que vous n'êtes pas de ces femmes qui ne le laisse­raient pas en paix une seconde. Que vous êtes quelqu'un de très traditionnel, dans le fond.
- Entendu, répondit Mma Makutsi. Je vais lui montrer qu'il n'a pas à s'inquiéter, que je ne serai pas là à le critiquer à longueur de journée.
Elle se tut et contempla Mma Ramotswe, qui lut alors sur son visage une pénible douleur. Aussitôt, la compassion envahit Mma Ramotswe. Pour elle, les choses étaient différentes : elle avait épousé Mr. J.L.B. Matekoni et se sentait en sécurité. Mais si Mma Makutsi perdait Phuti Radiphuti, elle n'aurait plus rien d'autre que la perspective d'un dur labeur pour le restant de ses jours, à tenter de subsister avec le maigre salaire qu'elle récoltait et le petit supplé­ment que lui rapportait l'École de dactylographie pour hommes du Kalahari. Cette école représentait une bonne source de revenus additionnels, mais l'obligeait à travailler si dur qu'il ne lui restait presque plus de temps pour se reposer.
     De retour chez elle, Mma Makutsi prépara le dîner avec le plus grand soin. Elle mit une grosse marmite de pommes de terre à bouillir et un épais ragoût de bœuf à mijoter, auquel elle ajouta carottes et oignons. Ce dernier dégageait un délicieux fumet ; elle y plon­gea l'index pour le goûter. Cela manquait un peu de sel, mais une fois l'assaisonnement rectifié, c'était par­fait. Elle s'installa alors pour attendre Phuti Radiphuti. Celui-ci arriverait à sept heures et il était six heures et demie, aussi feuilleta-t-elle un magazine, mais sans parvenir à se concentrer, durant la demi-heure restante.
À sept heures et demie, elle se posta à la fenêtre et, à huit heures, elle marcha jusqu'à la grille pour obser­ver la route. Il faisait chaud et l'air portait de lourdes odeurs de cuisine et de poussière. De la maison voisine parvenaient le bruit de la radio ainsi que des éclats de rire. Elle sentit le frôlement d'un insecte sur sa jambe.
Elle remonta l'allée jusqu'à la porte, entra, s'assit sur le sofa et fixa le plafond. Je suis une fille de Bobo­uong, se dit-elle. Je suis une fille de Bobonong avec (les lunettes. J'avais trouvé quelqu'un qui acceptait de m'épouser, quelqu'un de très gentil, mais je l'ai fait finir avec ma manie de parler à tort et à travers. Maintenant, je me retrouve de nouveau seule. Voilà l'his­toire de ma vie. L'histoire de Grace Makutsi."

In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith 2007

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Mma makutsi essaie maintenant de paraitre moins féministe car son fiancé Phuti Raphuti n'est pas venu manger chez elle la veille. Elle accompagne le mari de sa patronne dans le magasin de Phuti Raphuti.


Mma Makutsi, qui n'avait presque rien dit depuis l'arrivée de Phuti Radiphuti, prit la parole :
- Il est très important pour un homme d'être bien assis, annonça-t-elle. Avec toutes les décisions importantes qu'ils ont à prendre, les hommes doivent avoir de bons fauteuils dans lesquels réfléchir. C'est en tout cas ce que j'ai toujours pensé.
Cette déclaration faite, elle jeta un coup d'oeil à la dérobée à Phuti Radiphuti, puis regarda ses chaussu­res. Elle s'attendait presque à voir celles-ci la contredire, lui reprocher cette soudaine entorse à ses convictions profondes, selon lesquelles c'étaient les hommes qui prenaient les décisions importantes pour les hommes, de façon subtile et sans rien en laisser paraître. Elle avait eu d'innombrables conversations avec Mma Ramotswe (sa patronne) sur ce point, et les deux femmes étaient toujours tombées d'accord. Et voilà qu'à présent elle suggérait lâchement que c'étaient les hommes qui, assis dans de confortables fauteuils, dis­posaient en maîtres de leurs choix.  Elle fixa un bon moment ses chaussures, qui gardèrent le silence, abasourdies, sans doute, par la soudaineté de sa volte­face.
Phuti Radiphuti regardait Mma Makutsi, souriant comme un homme qui vient de faire une découverte agréable.
- C'est vrai, dit-il. Mais tout le monde a droit à un bon fauteuil. Les femmes également. Elles aussi doivent réfléchir à beaucoup de choses importantes.
Mma Makutsi fut prompte à acquiescer.
- Oui, mais même si tu me trouves peut-être un peu vieux jeu, j'ai toujours pensé que les hommes sont particulièrement importants. C’est comme ça que j’ai été élevée, je n’y peux rien, tu comprends…
Le sourire de Phuti Raphuti parut s’élargir encore à cette remarque.
-        J’espère que tu n’es pas trop traditionnelle dans tes idées, tout de même, dit-il. Les hommes modernes n’aiment pas tellement ça. Ils apprécient que leur épouse ait son propre point de vue.
-Oh, j'ai mes idées, c'est sûr ! affirma Mma Makutsi en toute hâte. Je ne suis pas du genre à lais­ser les autres réfléchir à ma place.
- C'est b... b... bien, répondit Phuti Radiphuti.

In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith 2007



 

lundi 21 février 2011

Les compagnies aériennes interdites en Europe

A consulter avant d'embarquer ou payer un billet :
 http://ec.europa.eu/transport/air-ban/list_fr.htm
Mes blogs sont accessibles dans la barre au dessus.
Mes messages sont effacés au bout de quelques jours

J'ai un beau-frère dentiste qui partage un cabinet avec sa femme psy . Le petit a fait école d'ingénieur à Taiwan. Les parents sont sarkozystes depuis qu'ils ont du fric et le petit a eu un contrat de travail avec la SNCF.
Etrange de choisir une boite publique?
Non : la SNCF lui paye une formation supplémentaire en école de commerce à Lyon car le petit ne se juge pas assez formé en commercial.
Et le petit n a pas d'obligation de fidélité pour la suite.
Elle est pas sympa avec le privé la fonction publique?

Alain LACOUR

lundi 31 janvier 2011

reprise du mardi 7 décembre 2010


Vaut-il mieux un boulot de merde ou un boulot à chier?



Dans l'idéal, dans les descriptions qu'en faisait Eric Woerth, le travail est une source perpétuelle d'épanouissement et de béatitude et nul ne saurait envisager la retraite avec ravissement.
Il est vrai que la majorité d'entre nous ne saurait envisager la fin de leur travail avec sérénité et, en attendant la véritable activité valorisante, créative et motivante (écrire une saga, faire le tour du monde en pédalo, faire un solo ahurissant devant trente mille spectateurs payants....)  il faut bien patienter ou plutôt trouver un job qui nourrira la bête.


Que choisir alors :  Job De Merde JDM ou Boulot A Chier BAC ?
  • Le Job De Merde (JDM), on sait qu'il est de merde avant de commencer : faire le ménage la nuit dans des bureaux, gagner des niveaux dans un jeu de rôle en ligne et les revendre à des nuls, vendre des conneries sur ebay pour le compte de gens pressés, refaire des appartements au noir, surveiller des dingues dans un hôpital psychaiatrique, donner des cours de rattrapage ...
  • Le Boulot A Chier BAC est un JDM (Job De Merde) "qui se la pète" : le BAC permet de changer de téléphone tous les ans, de laptop tous les 2 ans, de louer un endroit décent ou vivre, d'aller au restau, de sortir le samedi soir, d'avoir une relation amoureuse suivie,de partir en vacances dans une voiture décente ou en avion... 
  • Mais le BAC (boulot à chier)  implique de faire "semblant" : rester après les horaires, travailler dans une cage en souriant, supporter des supérieurs qui mettent le nez dans votre travail et changent d'avis régulièrement...
  • Le BAC est riche en réunions stériles reprogrammées au dernier moment pour tester ta subordination alors que tu allais te tirer en douce.
  • Le BAC implique une motivation affichée de chaque instant :  se niquer le dos pour déplacer des casiers, télés, projecteurs pour les conférences, être toujours disponible,  critiquer affectueusement le chef  et supporter ses tripotages (si, si, même les hommes, ça existe!), boire un verre après le turf, se voir entre collègues le weekend...
  • Le JDM est plus aléatoire dans les revenus mais on peut le faire en musique ou en suivant Dexter en fond sonore.
  • Le BAC  demande de croire en lui, le BAC a une mission : enrichissement, service à la communauté, médaille après 25ans de labeur, venue les jours de grève des transports. Le BAC coûte cher en déplacements, participation à des pôts, cadeaux de départ, brins de muguet le 2 mai.
  • Le JDM rapporte moins mais il est moins prenant psychologiquement : il  pousse moins au suicide, à la dépression ou à regarder  toutes les pages de pubs affalé sur un canapé au retour à la maison.
  • Le BAC implique généralement une tenue récente onéreuse, un suivi de la mode,  un look déprimant, un statut familial, le suivi de la politique et du sport national ou local, un langage politiquement correct.
En bref, le BAC tue toute créativité, estime de soi... Le BAC entraine l'enchainement avec un autre BAC mieux payé et toujours aussi stérile alors que le JDM laisse la possibilité de trouver un jour une activité créative proche de sa propre personnalité.
Attention : on croit quelquefois avoir choisi un JDM et se retrouver dans un BAC : jouer dans un orchestre de bal en attendant de devenir le Jimmy Hendrix de 2010, faire des heures supp pour en sortir plus vite, croire qu'on pourra ne mettre qu'un pied dans le système... Méfiance!

Dans l'idéal, Le Job De Merde laisse de l'espoir, le Boulot A Chier  laisse des emprunts à rembourser.