lundi 26 août 2013

Nouvelle loi sur les armes

Les LIG (low impact gun) sont autorisés aux termes de l'ancienne loi sur les armes
Tout citoyen a le droit de défendre sa vie, ses proches, ses biens.


Les HIW (High Impact Weapon) sont soumises à des restrictions particulières.
Tout citoyen a le droit à la paix et à la circulation à l'abri des agressions et de toute violence disproportionnée.

Les HIW sont autorisées aux termes suivants :
  1.  Les HIW sont autorisées au transport sous la condition d'être déchargées. Les munitions de HIW seront transportées dans des  coffrets verrouillés (Dual Key Cabinet)  conservés à plus d'un mètre de la première arme. Chaque DKC sera livré avec 2 clés non reproductibles. Une seule HIW pourra être chargée avec une seule munition dans chaque véhicule de transport personnel.
  2. Les HIW sont autorisées aux anciennes conditions en dehors des zones protégées HIWFREEZ  (High Impact Weapon FREE Zones) et des GUFREEZ ( GUn FREE Zone)
  3. Les HIWFREEZ sont :
    1. les villes et villages de plus de 100 habitants ou toute zone incluant un commerce.
    2. toute zone affichant une restriction HIWFREEZ
  4. Les GUFREEZ sont
    1. tout lieu affichant une restriction d'entrée HIWFREEZ ou GUNFREEZ
    2.  les commerces, cafés, restaurants, 
    3. les lieux publics de loisirs : cinémas, salles de jeux, stades
    4. les lieux d'enseignement
    5. les services publics,lieux d'administration locale ou nationale
    6. les services de santé publics et hôpitaux
  1. Toutes les armes à feu sont équipées lors de la vente d'une inclusion différenciée HIW ou LIG. Les anciennes armes seront équipées sous 90 jours ou devront faire l'objet d'un transport spécial pour équipement puis retour.

vendredi 9 août 2013

Francesca Borri, perdue dans l'enfer syrien

source : http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20130731.OBS1691/lettre-d-une-pigiste-perdue-dans-l-enfer-syrien.html

«Dormir chez les rebelles coûte 50$ par nuit; [...] . Vous êtes seul.»
"Si j’avais réellement compris quelque chose à la guerre, je n’aurais pas essayé d’écrire sur les rebelles et les loyalistes, les sunnites et les chiites. Parce que la seule histoire qui vaille d’être racontée en temps de guerre, c’est comment vivre sans peur"

Francesca Borri, reporter freelance italienne, par ailleurs auteur d'un livre sur le Kosovo et d'un autre sur les rapports entre Israéliens et Palestiniens intitulé 'Quelqu'un avec qui parler' évoque sa mission journalistique de pigiste en Syrie.



Il m’a finalement écrit. Voilà plus d’un an que je lui envoie des articles à la pige. Pour lui, j’ai attrapé la typhoïde et reçu une balle dans le genou. Aujourd’hui, mon rédacteur en chef a regardé les infos et a pensé que je faisais partie des journalistes italiens qui ont été kidnappés. Il m’a envoyé un e-mail: «Si tu trouvais une connexion, pourrais-tu tweeter ta captivité ?»
Le même jour, dans la soirée, j’ai retrouvé le camp rebelle où je vivais, au beau milieu de cet enfer qui s’appelle Alep, et dans la poussière et la faim et la peur, j’ai espéré trouver un ami, un mot compatissant, un geste tendre. Au lieu de ça, je n’ai trouvé qu’un autre e-mail de Clara, qui passe ses vacances chez moi en Italie. Elle m’a déjà envoyé huit messages «Urgents !». Aujourd’hui elle cherche ma carte de spa, pour se faire masser gratuitement. Les autres messages dans ma boîte de réception ressemblaient à ça: «Excellent, ton article aujourd’hui ; aussi excellent que ton livre sur l’Irak.» Malheureusement, mon livre ne parlait pas de
l’Irak, mais du Kosovo.

Du reporter freelance, les gens gardent l’image romantique d’un journaliste qui a préféré la liberté de traiter les sujets qui lui plaisent à la certitude d’un salaire régulier. Mais nous ne sommes pas libres, bien au contraire. Rester en Syrie, là où personne ne veut rester, est ma seule chance d’avoir du boulot. Je ne parle pas même d’Alep, pour être précise. Je parle de la ligne de front. Parce que les rédacteurs en chef, en Italie, ne veulent que le sang et les «bang bang» des fusils d’assaut. J’écris à propos des groupes islamistes et des services sociaux qu’ils mettent à la disposition des populations, les racines de leur pouvoir – une enquête beaucoup plus complexe à mener que le traditionnel article en direct du front. Je fais tout mon possible pour expliquer, et pas seulement pour émouvoir, et je me vois répondre: «Qu’est-ce que c’est que ça ? Six mille mots et personne ne meurt ?»

A vrai dire, j’aurais dû comprendre ça la fois où mon rédacteur en chef m’a demandé un article sur Gaza, parce que Gaza, comme d’habitude, était bombardé. J’ai reçu cet e-mail: «Tu connais Gaza par cœur», écrivait-il. «Quelle importance, que tu sois à Alep ?» Exactement. La vérité est que j’ai fini en Syrie parce que j’avais vu dans «Time» les photos d’Alessio Romenzi, qui est entré dans Homs par les égouts quand personne ne savait ce qu’était Homs. J’ai regardé ses clichés en écoutant Radiohead – ces yeux, qui me fixaient ; les yeux de ces gens en train de se faire massacrer par l’armée d’Assad, un par un, et personne n’avait même entendu parler d’un endroit nommé Homs. La conscience broyée comme par un étau, je n’ai pas eu d’autre choix que de partir en Syrie.

Mais que vous écriviez d’Alep ou de Gaza ou de Rome, les rédacteurs en chef ne voient pas la différence. Vous êtes payé pareil: 70$ par article. Même dans des endroits comme la Syrie, où la spéculation délirante fait tripler les prix. Donc, par exemple, dormir dans une base rebelle, sous les obus de mortier, sur un matelas posé à même le sol, avec cette eau jaune qui m’a donné la typhoïde, coûte 50$ par nuit ; une voiture coûte 250$ par jour.

Donc, plutôt que de minimiser les risques, vous finissez par les maximiser. Non seulement vous ne pouvez pas vous payer une assurance – presque 1000$ par mois – mais vous ne pouvez pas non plus payer un fixeur ou un traducteur. Vous vous retrouvez seul en terre inconnue. Les rédacteurs en chef sont bien conscients que rémunérer un article 70$ vous pousse à économiser sur tout. Ils savent aussi que si vous êtes sérieusement blessé, une partie de vous espère ne pas survivre, parce que vos finances ne vous permettent pas d’être blessé. Mais ils achètent l’article, même quand ils refuseraient d’acheter un ballon de foot Nike fabriqué par des enfants pakistanais.

Les nouvelles technologies nous amènent à penser que la vitesse est un élément de l’information. Mais ce raisonnement repose sur une logique autodestructrice: le contenu, désormais, est standardisé, et votre journal, votre magazine, n’a plus aucune singularité, et il n’y a donc plus aucune raison de payer un reporter. Pour les nouvelles, j’ai Internet – gratuitement. La crise que les médias traversent est une crise du média lui-même, pas du lectorat. Les lecteurs sont toujours là, et contrairement à ce que croient beaucoup de rédacteurs en chef, ce sont des gens intelligents qui demandent de la simplicité sans simplification. Ils veulent comprendre, pas uniquement savoir.

Chaque fois que je publie un témoignage de guerre, je reçois une douzaine d’e-mails de personnes qui me disent : «Ok, bel article, tableau saisissant, mais je voudrais comprendre ce qu’il se passe en Syrie.» Et j’aimerais tellement répondre que je ne peux pas proposer d’articles d’analyse, parce que les rédactions vont simplement le survoler et me dire: «Tu te prends pour qui, gamine ?» - malgré mes trois diplômes, mes deux livres et mes dix années passées à couvrir des guerres, d’abord comme enquêtrice humanitaire puis comme journaliste. Ma jeunesse, au passage, s’est volatilisée quand des morceaux de cervelle m’ont éclaboussée. C’était en Bosnie. J’avais 23 ans.

Les journalistes freelance sont des journalistes de seconde zone – même s’il n’y a que des freelance ici, en Syrie, parce que c’est une guerre sale, une guerre du siècle dernier ; c’est une guerre de tranchée entre des rebelles et des loyalistes qui sont si proches qu’ils se hurlent dessus pendant qu’ils se mitraillent. Quand vous découvrez la ligne de front, vous n’en revenez pas, avec ces baïonnettes que vous n’avez jamais vues que dans les livres d’histoire. Les guerres modernes sont des guerres de drones, mais ici ils combattent mètre par mètre, rue par rue, et on en chie de peur.

Et pourtant les rédacteurs en chef, en Italie, vous traitent comme un enfant ; vous prenez une photo hallucinante, et ils vous disent que vous avez été chanceux, au bon moment au bon endroit. Vous décrochez une exclusivité, comme l’article que j’ai écrit un septembre dernier sur la vieille ville d’Alep, classée au patrimoine de l’UNESCO, réduite en cendres tandis que les rebelles et l’armée syrienne se disputaient son contrôle. J’ai été la première reporter étrangère à y pénétrer, et les rédacteurs en chef vous lancent: «Comment pourrai-je justifier que mon journaliste n’ait pas pu entrer et que vous y êtes parvenue ?» J’ai reçu un e-mail d’un chef de service à propos de cet article: «Je le prends, mais je le publierai sous le nom de mon journaliste.»

Et puis, bien sûr, je suis une femme. Un soir, récemment, il y avait des tirs de mortier partout et j’étais assise dans un coin, avec la seule expression qu’on peut avoir sur le visage quand la mort risque de frapper d’une seconde à l’autre, et un autre reporter arrive, me regarde de la tête aux pieds, et me dit: «Ce n’est pas un endroit pour une femme.» Que pouvez-vous répondre à un type comme ça ? Crétin, ce n’est un endroit pour personne.

Si je suis effrayée, c’est parce que je suis lucide. Parce qu’Alep n’est que poudre à canon et testostérone et que tout le monde est traumatisé: Henri, qui ne parle que de guerre ; Ryan, bourré d’amphétamines. Et pourtant, à chaque fois que nous voyons un enfant taillé en pièces, c’est d’abord vers moi, la femme «fragile», qu’ils se tournent, pour savoir comment je me sens. Et je suis tentée de leur répondre : je me sens comme vous. Et les soirs où j’ai l’air blessée, ce sont les soirs où je me protège, où j’évacue toute émotion et tout sentiment ; ce sont les soirs où je m’épargne.

Parce que la Syrie n’est plus la Syrie. C’est un asile de fous.
  • Il y a cet Italien qui était au chômage et qui a rejoint al-Qaeda, dont la mère sillonne Alep pour le retrouver et lui mettre une bonne raclée ;
  •  il y a le touriste japonais qui arpente les lignes de front parce qu’il dit avoir besoin de deux semaines de «sensations fortes» ;
  •  le Suédois diplômé d’une école de droit qui est venu pour rassembler des preuves de crimes de guerre ; 
  • les musiciens américains qui portent la barbe à la Ben Laden, prétendant que ça les aide à se fondre dans le décor alors qu’ils sont blonds et qu’ils mesurent plus d’un mètre quatre-vingt-dix. (Ils ont apporté des médicaments contre la malaria, même s’il n’y a pas de cas de malaria ici, et veulent les distribuer en jouant du violon). 
  • Il y a les membres de diverses agences des Nations-Unies qui, lorsque vous leur dites que vous connaissez un enfant souffrant de leishmaniose (une maladie transmise par piqûre d’insecte) et que vous leur demandez s’ils pourraient aider les parents à le faire soigner en Turquie, vous répondent qu’ils ne le peuvent pas parce que c’est un cas particulier et qu’ils ne s’occupent que de «l’enfance» en général.
Mais nous sommes des reporters de guerre après tout, n’est-ce pas ? Une bande de frères (et de sœurs). Nous risquons nos vies pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Nous avons vu des choses que la plupart des gens ne verront jamais. Nous sommes parfaits pour animer les dîners en ville. Les bons clients que tout le monde veut inviter.
Mais le secret sordide, c’est qu’au lieu d’être unis, nous sommes nos propres pires ennemis ;
et la raison du papier payé 70$, ce n’est pas le manque d’argent, parce qu’il y a toujours de l’argent pour un papier sur les petites amies de Berlusconi. La vraie raison, c’est que quand vous demandez 100$, quelqu’un d’autre est prêt à le faire pour 70. C’est une compétition féroce. Comme Beatriz, qui aujourd’hui m’a indiqué une direction erronée pour pouvoir être la seule à couvrir une manifestation, tromperie qui m’a menée au milieu des snipers. Juste pour couvrir une manifestation, semblable à des centaines d’autres.
Pourtant nous prétendons être ici afin que personne ne puisse dire : «Mais nous ne savions pas ce qui se passait en Syrie.» Alors que nous ne sommes ici que pour emporter un prix, pour gagner en visibilité. Nous sommes ici à nous mettre des bâtons dans les roues comme si un prix Pulitzer était à notre portée alors qu’il n’existe absolument rien de ce genre. Nous sommes coincés entre un gouvernement qui ne vous accorde un visa que si vous êtes contre les rebelles et les rebelles qui, si vous êtes avec eux, ne vous autorise à voir que ce qu’ils veulent bien vous montrer.
La vérité, c’est que nous sommes des ratés. Deux ans que ça dure et nos lecteurs se rappellent à peine où se situe Damas, le monde entier qualifie ce qui se passe en Syrie de «pagaille» parce que personne ne comprend rien à la Syrie – hormis le sang, encore le sang, toujours le sang. Et c’est pour cette raison que les Syriens ne nous supportent plus maintenant. Parce que nous montrons au monde entier des photos comme celle de cet enfant de sept ans avec une cigarette et une kalachnikov. Il est clair que cette photo est une mise en scène mais elle a été publiée dans les journaux et sur les sites web du monde entier en mars et tout le monde criait: «Ces Syriens, ces Arabes, quels barbares !»
Lorsque je suis arrivée ici la première fois, les Syriens venaient vers moi et me disaient: «Merci de montrer au monde les crimes du gouvernement.» Aujourd’hui, un homme est venu vers moi ; il m’a dit: «Honte à vous.»
Si j’avais réellement compris quelque chose à la guerre, je n’aurais pas essayé d’écrire sur les rebelles et les loyalistes, les sunnites et les chiites. Parce que la seule histoire qui vaille d’être racontée en temps de guerre, c’est comment vivre sans peur. Tout peut basculer en une fraction de seconde. Si j’avais su cela, alors je n’aurais pas eu si peur d’aimer, d’oser, dans ma vie ; au lieu d’être ici, maintenant, recroquevillée dans l’obscurité et la puanteur, en regrettant désespérément tout ce que je n’ai pas fait, tout ce que je n’ai pas dit. Vous qui demain serez encore en vie, qu’attendez-vous ? Pourquoi hésitez-vous à aimer ? Vous qui avez tout, pourquoi avez-vous si peur ?
Francesca Borri
Traduit de l'anglais par Véronique Cassarin-Grand et David Caviglioli
Avec l'autorisation de la 'Columbia Journalism Review'

Ce texte sur son expérience syrienne a été publié le 1er juillet 2013, sur le site de la 'Columbia Journalism Review', par Francesca Borri, journaliste indépendante italienne, par ailleurs auteur d'un livre sur le Kosovo et d'un autre sur les rapports entre Israéliens et Palestiniens intitulé 'Quelqu'un avec qui parler' (Manifestolibri, 2010).
Il a suscité de très nombreuses réactions, auxquelles Francesca Borri a elle-même répondu sur le site du 'Guardian'. le nouvel OBs publie une version traduite en français.

lundi 5 août 2013

GB 84 / David PEACE / Roman ou la première mort de Margaret Thatcher


Posted: 05 Aug 2013 02:48 AM PDT
Le gouvernement britannique était prêt à offrir des obsèques nationales à Margaret Thatcher (décédée en avril 2013)  mais il avait compté sans la mémoire des anglais quant à ce 1er ministre qui a fait basculer leur société vers le libéralisme le plus sauvage en supprimant la plupart des actions et aides gouvernementales qui unissaient le pays et montrant son absence totale de compassion envers les ouvriers et leurs syndicats.
Un rapport urgent des services de renseignements étudiant les réseaux sociaux l'a convaincu de n'en rien faire : exceptionnellement, le temps qui a passé n'a pas effacé la rancune des anglais à l'égard de cette reaganienne convaincue, de ses privatisations meurtrières (au sens propre de l'adjectif quand on pense aux accidents du rail liés) : commentaires incendiaires sur facebook, téléchargements en masse de "The witch is dead", ventes records de champagne et beuveries des fêtards à l'annonce de la mort de la "sorcière". Pourtant les premiers commentaires des médias et personnes politiques interrogées n'étaient qu'éloges, vantant l'entrée de l’Angleterre dans la période moderne (comprendre "libérale décomplexée).  Le gouvernement a pourtant fait officiellement machine arrière en annonçant des obsèques non nationales bien que coûtant plus de 10 millions de Livres aux contribuables de sa très gracieuse majesté.
Une bonne occasion de lire ou relire GB 84 de David Peace pour nous remémorer cette période  très éloignée de l'insouciance du disco.





29 nov. 2010 : Toi qui ouvres GB 84 de David Peace, oublie toute idée de Happy ending, morale, justice, équité...
Certes, nous avions été bien préparés par les opi précédents collant toujours au plus près de la réalité sociale de l'Angeleterre des seventies et du début des eighties. On nous décrit souvent aujourd'hui ces époques comme presqu' insouciantes et colorées. Pas chez David Peace! Il laissait autrefois un peu d'espoir et d'amour à ses héros mais
ici, c'est terminé!
Dans GB 84, on commence en pays noir (minier) après plusieurs mois de grève et le durcissement des positions en présence.
  • Neil Fontaine, qui rédige une partie des chapitres, est le chauffeur-garde du corps- nounou de  Steven Sweet , l'exécuteur des basses œuvres de la dame de fer qui, elle, dirige le royaume uni vers un libéralisme total.
  • Contre eux, le président du syndicat des mineurs et sa lutte sont dépeints par le trésorier du groupe,  Terry Winters, dont les narrations alternent avec celles de Fontaine.
  • Le Mécanicien  est lui totalement dans la violence : elle fait partie de son passé et il reprend du service comme nettoyeur pour son propre compte... mais pas seulement.
  • Tinkerbell (un clin d'oeil à Le Carré?) est un spécialiste des écoutes illégales et il aime son travail. C'est en fait son obsession, : enregistrer tout ce qu on lui demande mais aussi pour son propre compte. Il va "périr" par où il a péché.
  • Elles ne parlent pas directement dans le roman mais les femmes sont omniprésentes dans le roman : les épouses des mineurs qui les nourrissent en les poussant à la reprise ou à la dureté, Margaret Thatcher qui profitera de l'opération de façon magistrale mais aussi Theresa, la femme mystérieuse de Terry Winters et surtout,  l'un des principaux moteurs du suspense, cette Diane, liée à plusieurs des narrateurs.
  • En chronique, façon colonnes de journaux, deux mineurs Peter et Martin nous racontent leur grève de 1984.
Et le thriller là-dedans?
L'angoisse est partout. En regard de nos grèves de la rentrée 2010, la violence de cette période au royaume désuni est incroyable. Les coups, le sang, la faim, le froid, les humiliations se déchainent et ne connaissent aucune limite. Les informations que nous avions en temps réel de cette guerre civile semblent avec le recul bien parcellaires alors que Martin et Peter  donnent  leur témoignages des batailles qu'ils livrent chaque semaine contre les forces policières qu'ils ont pourtant payées de leurs impôts.
C'est magistral, dur, fourmillant de vie et de mort. Un bouquin qui laisse des impressions qui perdurent. Une histoire qui n'est pas finie en tout cas, ni dans le roman, ni dans "la vraie vie". Et je ne peux m'empêcher de penser à James Ellroy par la richesse, l'opulence des impressions, témoignages, côtés sombres mais plus aucune candeur ici...
A lire : oui, absolument.
A acheter : question de moyens financiers mais oui, sans regret. ( 3 euros en occase)
En dotation dans de nombreuses bibliothèques de ville.

le bouquin : GB  84 / David PEACE / 2004: Rivages / Noir / Payot  2009   652 pages 10€50  POCHE


D'autres sites sur Peace :  Black Novel     Moeurs Noires

Les sources annoncées par David Peace :
A Century of Struggle - Brimin's Miners in Pictures by the National Union of Mineworkers (1989).
A Word to the Wise Guy hy Thc Mighty Wah (Beggars Banquet. 1984).
Blood Sweut & Tears by Roger Huddle, Angola Phillips. Mike Situons & John Sturrock (Artworker Books,1985).
Coal, Crisis and Conflict hy Jonathan & Ruth Wintcrton (Manchester University Press, 1989).
Counting the Cosi by Jackie Keating (Wharncliffe, 1991).
Digging Deeper edited by Huw Bcynon (Verso, 1985).
Enemies u(the Smte by Gary Murray (Simon & Schuster, 1993).
Free Agent - the Unseen War 1941 - 1991 by Brian Crozier (HarperCollins, 1993).
Lobster - Tue Journal of Parapolitics. Issues 1-40 edited  by Robin Ramsay (CD- ROM www.lobster-magazinc.co.uk ).
MicroTes by Cabaret Voltaire (Virgin, 1984).
Miners on Strike by Andrew J. Richards (Berg, 1996).
Neither Washington nor Moscow hy the Redskins ( london, 1986).
One of Us by Hugo Young (Pan. 1993).
Open Secret hy Stella Rimington (Hutehinson, 2001).
Policing the Miners' Strike by Bob Fine & Robert Millai  (Lawrence & Wishart, 1985).
Scargill - the Unauthorized Biography by Paul Routiedge (HarperCollins, 1993).
Small Town England by New Model Army (Abstract, 1983-4).
Smear - Wilson and the Secret State by Stephen Dorril & Robin Ramsay (Grafton, 1992).
State of Siege by Jim Coulter, Susan Miller & Martin Walker (Canary Press, 1984).
Sirike - A Sunday Times Insight Book by Peter Wilsher, Donald Macintyre & Michael Jones (Andre Deutsch, 1985).
The Enemies Within by lan MacGregor with Rodney Tyler (Collins, 1986).
The Enemy Within by Seamus Milne (Verso, 1994).
The English Civil War Part !l by Jeremy Deller (Artangel, 2002).
The Miners' Strike - Loss without Limit by Martin Adney & John Lloyd (Routledge & Kegan Paul, 1986).
The Miners' Strike Day by Day by Arthur Wakefield (Wharncliffe, 2002).
The Miners' Strike in Pictures by News Line Photographers (New Park, 1985).
The National Front by Martin Walker (Fontana, 1977).
The Political Police in Britain by Tony Bunyan (Quarte.1977).
Thurcroft - A Village and the Miners' Strike by The People of Thurcroft, Peter Gibbon & David Steyne (Spokesman, 1986).
Understanding die Miners' Strike by John Lloyd (Fabian Society, 1985).
Welcome to the Pleasuredome by Frankie Goes to Hollywood (ZZT, 1984).



Note :  David PEARCE a quitté le royaume désuni pour le Japon en 1992 quand John Major , du même parti que Margaret Thatcher a pris sa succession.

3 remarques :
  1. Les peuples, comme les individus, ont du mal à reconnaître leurs erreurs  : il est connu en marketing qu'on a tendance a racheter une marque qui nous a déçu pour éviter de reconnaître son erreur.
  2. La condition d'émigré peut être très reposante car elle évite de se sentir impliqué dans les mauvais choix des politiques et politiciens...Rien de mieux que ce pays : le japon, j'aime aussi.
  3. Quand on se rappelle de ces quelques grandes gueules de sportifs et chanteurs engagés qui devaient quitter la france si sarkozy était élu, je constate qu'ils sont toujours là, au moins en présence média et pub. Peace a eu le courage de partir et je ne suis pas sûr que la version Blair du parti travailliste l a convaincu de revenir au pays.
  4. Si le marketing a toujours raison, malheur à nous en 2012 en France.
Bibliographie de DP : (liens vers wikipedia france)
  • 2002 : 1974
  • 2003 : 1977
  • 2004 : 1980
  • 2005 : 1983
  • 2006 : GB 84   (le livre annonce 2004 pour la vo et 2009 pour la vf)
  • 2006 : 44 jours"
  • 2007 : Tokyo année zéro
  • 2010 : Tokyo, ville occupée    
Tous ces ouvrages sont publiés en France  aux éditions Rivages.

La mort de Jimmy Hoffa

In « Vendetta » Roman, de R.J.Ellory

Extraits de la confession au FBI d’Ernesto Perez après la disparition d’Eleanore Duncan.


« J’avais déjà entendu le nom de Jimmy Hoffa, mais j’ignorais quelle était son importance dans le milieu. Tony Pro a éclaté de rire.
« Hé, Fabio, où tu as dégoté ce gamin ? Tu as été le chercher dans une ferme ? »
Calligaris s’est esclaffé à son tour et s’est tourné vers moi. « Tu as déjà entendu parler des Teamsters ? » J’ai fait signe que non.
« Une sorte d’organisation de travailleurs... un syndicat pour les routiers et les ouvriers et tout ça. Bordel, j’ai entendu dire que les Teamsters avaient même un syndicat pour les prostituées et les strip-teaseuses.
— Sans déconner ? s’est exclamé Tony Pro. Bon Dieu, ce que les temps changent !
— Enfin, bref, a poursuivi Calligaris. Les Teamsters, la fraternité internationale des Teamsters, c’est une putain d’organisation énorme qui gère les syndicats et les fonds de pension et toutes sortes de trucs. » Il s’est tourné sur sa gauche. « Hé, Matteo, toi qui as beaucoup bossé là-dessus, qu’est-ce qu’on dit des Teamsters ? »
Matteo Rossi s’est éclairci la voix.
« On dit qu’ils organisent les désorganisés, qu’ils font entendre la voix des travailleurs dans les allées du pouvoir, qu’ils négocient les contrats qui transforment le rêve américain en réalité pour des millions de gens, qu’ils protègent la santé et la sécurité des travailleurs et qu’ils luttent pour conserver les emplois en Amérique du Nord. »
Une vague d’applaudissements a parcouru l’assistance.
« Il me semble, a déclaré Tony Pro, que quelqu’un devrait s’occuper de la santé et de la putain de sécurité de Jimmy Hoffa. »

 Il était encore question du syndicat des routiers et de ce Hoffa dont j’avais entendu parler bien des mois auparavant au Blue Flame.
« Faut qu’il parte, faut qu’il dégage, a déclaré Don Calligaris. C’est une petite merde, un rien du tout, un enfoiré arrogant. Juste sous prétexte qu’il était le président du syndicat, il croit que tout le pays lui appartient. Ils l’ont envoyé en taule pour cette histoire de corruption de juré et de fraude, mais ce trou du cul de Nixon l’a gracié et il revient nous emmerder comme un putain de cancer. Bon sang, pourquoi il nous fout pas la paix ? On s’en sort très bien avec Frank Fitzsimmons, merde, c’est un ange comparé à Hoffa. Mais non, Hoffa doit foutre son nez là où on veut pas de lui, et il arrête pas de casser les couilles à tout le monde. Faut s’occuper de ce connard... faut qu’il dégage une bonne fois pour toutes. »
En juillet 1975, il y a eu des réunions, de longues réunions. J’ai vu des gens aller et venir à la maison, et chez Don Calligaris aussi – des gens comme Tony Provenzano et Anthony Giacalone. J’ai appris que Tony Pro était pour le moment vice-président du syndicat des routiers et, chaque fois qu’il parlait de Jimmy Hoffa, on aurait dit qu’il parlait d’une chose dans laquelle il aurait marché sur le trottoir.
« Quand on demande à Frank de fermer les yeux, il fait comme s’il n’avait rien vu, et c’est exactement ce qu’on attend de lui, disait Tony Pro. Nixon a dit à Hoffa de ne pas se mêler des syndicats pendant dix ans, ça faisait partie du marché pour sa grâce. Maintenant, il revient et on a les fédés sur le dos comme pas possible. Ce type... bon Dieu, on arrête pas de lui répéter de rester hors des affaires, mais il est tellement sourdingue que c’est à croire qu’il a pas d’oreilles. »
Le 28 juillet, un lundi, Don Calligaris nous a convoqués Dix Cents et moi. Quand je suis arrivé, la maison de Mulberry était bondée. Il y avait des gens que je connaissais, d’autres que je n’avais jamais vus. Aucun nom n’a été prononcé, mais Dix Cents m’a dit plus tard que le type assis à côté de Joe Giacalone était Charles « Chuckie » O’Brien, un ami très proche de Jimmy Hoffa, quelqu’un que Hoffa appelait son « fils adoptif ».
« Nous allons descendre cet enfoiré, a déclaré Joe Giacalone. Il y a eu un vote et ce putain de raté est un homme mort. Nous en avons tous marre qu’il nous casse les couilles. »
Une réunion devait se tenir dans le Michigan, dans un restaurant appelé le Machus Red Fox, à Bloomfield Township. Hoffa retrouverait Tony Provenzano, Tony Giacalone et un leader syndical de Détroit pour discuter de son intention de briguer la présidence du syndicat. Hoffa voulait savoir si les poids lourds le soutiendraient s’il se présentait contre Frank Fitzsimmons.
Tony Pro et Tony Jacks n’arriveraient jamais. Tony Jacks irait comme à son habitude faire sa gym au Southfield Athletic Club, et Tony Pro serait à Hoboken, dans le New Jersey, occupé à visiter les bureaux locaux du syndicat. Il ferait en sorte de serrer beaucoup de mains et de parler à beaucoup de gens pour que l’on n’oublie pas qu’il était là. Le leader syndical serait retardé et arriverait au Machus Red Fox après 15 heures. Joe Giacalone avait une Mercury bordeaux qu’il prêterait à Chuckie O’Brien. Chuckie arriverait au restaurant et informerait Hoffa que le lieu du rendez-vous avait changé. Hoffa ferait confiance à Chuckie sans hésitation. Il grimperait dans la voiture et laisserait sa propre Pontiac Grand Ville sur le parking du Machus Red Fox. Et il ne sortirait jamais vivant de la Mercury.

[...]

« Donc, c’est pour mercredi, a annoncé Tony Jacks. À partir de maintenant, le nom de code, c’est Gémeaux. C’est tout, juste un mot. Je ne veux entendre ni noms, ni dates, ni lieux. Je veux juste entendre un mot quand vous ferez allusion à cette affaire, et ce mot, c’est Gémeaux.
— Qu’est-ce que ça veut dire ? a demandé Tony Pro.
— C’est un putain de signe du zodiaque, espèce d’abruti. Un putain de signe zodiacal, un truc dans les étoiles, et il y a une image avec un type à deux têtes ou un truc à la con de ce genre. C’est juste un putain de mot, OK ?
— Alors, pourquoi celui-là ? a insisté Tony Pro.
— Parce que c’est ce que j’ai décidé, a répliqué Tony Jacks. Et parce que Jimmy Hoffa est un putain d’hypocrite à deux visages et il va les perdre tous les deux mercredi. »
Je me suis donc rendu dans le Michigan et j’ai rencontré Jimmy Hoffa par un mercredi après-midi chaud à Bloomfield Township. C’était un type costaud. Grosses mains. Grosse voix. Mais il était nerveux. Je crois qu’il savait qu’il allait mourir. Il est monté dans la Mercury quand Chuckie O’Brien s’est pointé au Machus Red Fox, et j’avais beau être assis à l’arrière, il ne m’a pas demandé qui j’étais. Il parlait trop vite, demandait pourquoi le lieu du rendez-vous avait été changé, si Provenzano et Giacalone étaient déjà là, si Chuckie savait s’ils soutiendraient ou non sa candidature à la présidence du syndicat.
Il s’est beaucoup débattu quand je lui ai passé le fil de fer autour du cou depuis la banquette arrière. Il s’est débattu comme Don Ceriano, mais je n’ai rien éprouvé. Chuckie a dû lui maintenir les mains sur les cuisses, ce qui n’a pas été chose facile vu que ce n’était pas un poids plume. Jimmy Hoffa a chèrement vendu sa peau, il a résisté jusqu’au bout, et il y a eu un sacré paquet de sang. Mais c’était juste une question de business cette fois, et il y avait très peu de choses à en dire. Il avait foutu mes employeurs sérieusement en rogne, un point c’est tout. Il avait peut-être été le président du syndicat des routiers, mais l’expression de son regard dans le rétroviseur, l’expression que j’ai vue quand il a rendu son dernier souffle, a été la même que pour tous les autres. Qu’il s’agisse du pape ou d’un leader syndical ou du Christ ressuscité, quand ils voyaient s’éteindre la lumière derrière leurs yeux, ils avaient tous l’air d’instituteurs effrayés.
Je me disais que ça m’arriverait peut-être aussi un jour, mais bon, je verrais bien le moment venu.
Un peu plus de vingt minutes plus tard, je descendais de voiture avec une corde de piano ensanglantée dans ma poche tandis que Jimmy Hoffa, 62 ans, était emmené vers le sud jusqu’à une usine de traitement des graisses où il serait transformé en savon. J’ai regagné le Red Fox à pied, puis j’ai pris un bus jusqu’à Bloomfield. De là, j’ai pris un autre bus jusqu’à la gare. J’ai été de retour à Manhattan le jeudi 31 juillet. Treize jours plus tard, c’était mon trente-septième anniversaire. Don Fabio Calligaris et Tony Provenzano ont organisé une fête en mon honneur au Blue Flame, une fête que je n’oublierai jamais. »

Extraits de la confession au FBI d’Ernesto Perez après la disparition d’Eleanore Duncan.
[...]
Lorsque Hartmann fut escorté à travers la ville depuis les locaux du FBI jusqu’au Royal Sonesta – un convoi de trois voitures, lui-même ayant pris place dans le véhicule du milieu avec Woodroffe, Schaeffer et Sheldon Ross –, il avait plus l’impression d’être le coupable que le confesseur. Car c’est ce qu’il était, non ? Le confesseur d’Ernesto Perez, un homme dont la vie n’était qu’une inconcevable succession de cauchemars.
« Je n’en reviens pas, n’arrêtait pas de répéter Woodroffe. Le meurtre de Jimmy Hoffa doit être l’un des meurtres non élucidés les plus importants de tous les temps...
— Après celui de Kennedy », observa Ross, commentaire qui lui valut des regards désapprobateurs de la part de Woodroffe et Schaeffer.
Hartmann supposait que la théorie officielle en vigueur au Bureau était que J. Edgar Hoover et la commission Warren avaient eu raison dès le début. C’était, s’imaginait-il, l’un de ces sujets de conversation qui n’étaient jamais abordés. Les gens avaient leur opinion, mais ils la gardaient pour eux et ne la laissaient jamais franchir leurs lèvres.
« Jimmy Hoffa... putain de bordel de Dieu, reprit Woodroffe. Je m’en souviens. Je me souviens de quand ça s’est passé. Je me souviens de toutes les spéculations, des comptes rendus dans les journaux, des théories sur ce qui lui était arrivé.
— Tu devais être adolescent, remarqua Schaeffer.
— Peu importe. Je m’en souviens bien. Et quand j’ai intégré le Bureau et que j’ai commencé à lire des dossiers liés au crime organisé, ce nom apparaissait constamment. C’était la grande question... qu’est-ce qui a bien pu arriver à Jimmy Hoffa ? Je n’en reviens pas que ce soit Perez qui l’ait tué. Et ce Charles Ducane, le putain de gouverneur de Louisiane, était au courant... il l’a même sanctionné...

[...]
Hartmann attrapa une autre cigarette. Il était temps de changer le ton de la conversation avant que Perez ne se mette en colère.
« Je trouve remarquable que vous soyez responsable de la mort de Jimmy Hoffa.
— Il est mort, il a bien fallu que quelqu’un le tue. Pourquoi pas moi ?
— Avez-vous aussi tué Kennedy ?
— Lequel ?
— Vous les avez abattus tous les deux ? demanda Hartmann avec un sourire.
— Ni l’un ni l’autre, même si je pense que je m’en serais tiré, contrairement à Oswald et Sirhan Sirhan, qui n’y étaient au bout du compte pour rien, quoi qu’en aient dit J. Edgar Hoover et la commission Warren. L’assassinat de Kennedy et le mystère qui entoure sa mort depuis quarante ans doivent constituer le plus spectaculaire et le meilleur exemple de propagande gouvernementale de tous les temps. Adolf Hitler aurait été fier de ce qu’a accompli votre gouvernement. N’a-t-il d’ailleurs pas affirmé que plus le mensonge était énorme, plus on le croyait facilement.
— C’est aussi votre gouvernement, remarqua Hartmann.
— Je suis sélectif... il faut choisir entre la peste et le choléra. Les États-Unis ou Fidel Castro. J’en suis encore à essayer de décider auquel des deux je préfère être allié. »

[...]

« La clémence ? demanda Perez. La grâce ? Vous croyez que c’est ce que je suis venu demander ?
— Non, répondit Hartmann en secouant la tête. Je ne pense pas.
— Je suis venu ici de mon plein gré. Je me suis rendu à vous sans résistance. J’aurais pu continuer de vivre ma vie, j’aurais pu ne rien faire. Si je n’avais pas appelé le FBI, si je n’avais pas parlé à ces gens, si je ne vous avais pas demandé de venir, alors nous ne serions pas en train d’avoir cette conversation. J’aurais pu enlever la fille, j’aurais pu la tuer, et personne ne serait plus avancé.
— Ils vous auraient retrouvé », répliqua Hartmann. Perez se mit à rire.
« Vous croyez, monsieur Hartmann ? Vous croyez vraiment qu’ils m’auraient retrouvé ? J’ai bientôt 70 ans. Je fais ça depuis près de cinq décennies et demie. C’est moi qui ai tué votre Jimmy Hoffa. Je lui ai passé une corde de piano autour du cou et j’ai tiré si fort que j’ai senti la corde buter contre ses vertèbres. J’ai fait toutes ces choses, à travers tout le pays, et ces gens ne connaissaient même pas mon nom. »
Hartmann savait que Perez disait vrai. Il n’avait pas survécu à cette vie en étant stupide. S’il avait voulu tuer Catherine Ducane, il l’aurait fait, et Hartmann supposait que le meurtre n’aurait jamais été élucidé.

In « Vendetta » Roman, de R.J.Ellory



"Avec subtilité et élégance, Ellory livre ici un excellent roman, rusé et habile, et renouvelle un genre auquel seul Ellroy avait su donner ses lettres de noblesse."