dimanche 11 mai 2014

La France incapable de respecter l'Eurovision.

   La France serait une des principales "contributrices" au concours de la chanson de l'eurovision. Il doit s'agir de contribution financière, une situation qui assure à notre beau pays une participation automatique à la finale du concours .

   Et c'est bien dommage car, pour des tonnes de raisons, la France se trouve dans une situation humiliante quand son choix artistique est d'imposer aux millions de spectateurs en 2014 une sélection française qui cumule un tel nombre de handicaps qu'elle peut apparaitre comme une insulte au principe même du concours . 

Les 3 minutes préemptées par la France pendant le concours ont volé la place de candidats éliminés aux demi-finales.

Il parait que nos TwinTwin ont été jugés très sympathiques par leurs compétiteurs à Copenhague : il n'aurait plus manqué qu'ils mordent ! C'est bien d'être sage en classe mais ça ne donne pas le bac en récompense. Et la pitrerie, même si elle avait été crédible, ne fait sourire qu'un moment. Le choix était étonnant : diction satyrique du slam, paroles puériles, atmosphère musicale mal pompée sur un artiste belge au succès récent, interprètes enlaidis par des looks grotesques... Les 3 minutes préemptées par la France pendant le concours ont volé la place de candidats éliminés aux demi-finales. 

Des commentateurs lénifiants

Et nos commentateurs de s'apitoyer hypocritement sur le sort des petits français... J'espère que le deal était clair pour Twin Twin : on vous a choisis parce que France télévision ne veut pas payer pour l'organisation de la prochaine finale. Cette raison invoquée depuis 20 ans ( j'ai fait partie d'un jury chez France Tv il y a longtemps) cache plusieurs failles énormes :
  •  l'incapacité de considérer ce que la France envoie comme image en méprisant ainsi les téléspectateurs européens alors qu'elle s'est arrogée il y a des lustres le droit de parader dans une compétition qu'elle méprise,
  •  l'impossibilité pour nos pré-sélectionneurs de faire leur boulot et de présenter des candidats un tant soit peu sincères, 
  • le refus des auteurs, compositeurs et interprètes confirmés de participer ou de se compromettre dans une compétition  vouée au casse-pipe.
 

 Alors, si on arrêtait de souffrir et faire souffrir

  • abandonnons avec un dernier reste de panache ce droit usurpé de faire les cons en finale et utilisons notre "contribution" financière à autre chose.
Les interprètes français seraient enfin jugés sur leurs actes et pas sur le favoritisme obtenu parce que Papa finance la kermesse. Et qu'on ne parle pas de french bashing : l'Allemagne est détestée pour sa politique européenne et s'en tire honorablement au concours cette année, Ukraine et Russie sont en guerre mais se sont offertes entre elles plus de points que la France n'en a eus par charité encore cette année. 

 Alain Lacour