samedi 9 mai 2015

J'ai lu Les Réponses, d'Elisabeth Little

Encensé en radio par Gérard collard, le médiatique libraire de La Griffe Noire, le roman Les Réponses est un sympathique roman d'Elisabeth Little bien dans l'air du temps.

Une gosse de People, connue pour ses pitoyables rebellions alcoolisées et coucheries adolescentes se retrouve accusée d'avoir tué sa mère, une coureuse de maris friqués bien connue de la bourgeoisie parvenue californienne. Après dix années d’emprisonnement passées sans connaitre les habituelles violences des prisons américaines(?), Marion sort de tôle après que les preuves retenues contre elle, comme dans plusieurs autres cas, aient été annulées car entachées de doute dans son dossier d'accusation. La pimprenelle est malheureusement poursuivie par les paparazzi et un blogueur particulièrement remonté qui a décidé de la pourchasser, arguant qu' une relaxe pour incompétence du procureur n'implique pas que l'accusée est finalement devenue innocente (et on peut partager son avis).
Pourquoi n'engage-t-elle pas un détective ? Premier mystère.
Pourquoi pense-t-elle qu'il faut chercher dans le lointain passé de sa mère pour trouver l'assassin? Deuxième mystère et ce sont les deux principaux que j'ai décelé dans le bouquin.
Il semble que la jeune fille "manipulatrice" soit restée un patchwork de caractères complexes et opposés, que ce soit pour lui donner un côté attachant, une profondeur factice ou pour faciliter l’enchainement des péripéties : je veux bien concéder cette troisième interrogation.
L'intrigue est-elle riche en rebondissements? Contrairement à l'avis donné par G.Collard en radio, j'ai trouvé que toute la partie centrale de l'histoire est un long tunnel de petites frayeurs, de
revirements sans grande intensité tant les principaux dangers encourus par l'enquêtrice en herbe sont mineurs : se couper les cheveux elle même pour ne pas être reconnue, abandonner ses tenues sexy pour passer pour une employée de bureau en goguette, résister à la séduction d'un policier sexy mais rustique. La peinture des campagnards américains n'est pas nouvelle ni spécialement intrigante : un coureur de jupons ancien playboy de lycée, deux copines qui se révèlent lesbiennes, d'autres personnages qu'on feint d'ignorer pour ensuite les présenter comme des coupables présentables...
Heureusement, le style est assez caustique, irrévérencieux, un peu "fille libérée" même s'il ne faut pas compter sur une description un peu détaillée dès qu'on aborde le sexe. Dans le genre enquêtrices déchainées, on trouvait tout ça en bien plus actif et drôle dans certaines séries de polars des années 80 impliquant des filles malignes autrement punchies et c'est peut-être cette demie-mesure qui m'a déçu ici. Si l'enquête n'est qu'un prétexte, si les invraisemblances sont nombreuses et si le personnage manque de couleurs et de consistance, que reste-t-il? Les mails, les sms, les pages de blog reproduites entre les chapitres de narration, une habitude actuelle dans les romans, séries et films.
Il reste un sympathique roman qui fait passer le temps sans empêcher de dormir et qu'on peut oublier chez soi le vendredi soir sans pourrir son week end. Les sms, blogs et mails sont bien dans le ton de cette production colorée, ancrée dans son époque et peu calorique que les jeunes lecteurs trouveront pétillante. Nombreuses recettes de petites manipulations féminines amusantes.

Ce n'est pas encore en poche, ça coute 21 euros mais chacun peut aussi le trouver en ebook sur ses sources habituelles (voir images).

Alain Lacour

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