vendredi 24 août 2018

La Désirade : l'ancienne cotonnerie et les iguanes.

En activité : de 1918 à 1922.
Les cotons étaient expédiés par bateau à partir de la petite crique en contrebas du site.
A voir :  les ruines des bâtiments de l'usine, de l'atelier de production et les ruines du four.

Bonus : les jeunes iguanes (verts) et adultes (sombres) d'une espèce qu'on ne trouve que sur 2 iles.





 



 
 



photos : Alain Lacour (c)



liens :
- https://fr.guadeloupe-tourisme.com/294/ancienne-cotonnerie-la-desirade/
-http://www.destination-guadeloupe.com/les-iguanes-desirade/

lundi 20 août 2018

Abritel-Home Away : ne comptez pas sur eux pour régler les problèmes avec votre loeur.

Les plateformes de mises en contact locataire-loueur sont devenues incontournables lorsqu'il s'agit de trouver une location de vacances. Booking.com, AirBnB ou Abritel( version francaise du géant Home Away ) peuvent donner l'impression de sécuriser la relation entre le locataire et les propriétaires.

Que se passe-t-il si la location que vous avez réservée ne correspond pas à sa description sur le site Abritel? 

Abritel prend une commission confortable lors de la réservation mais intervient il réellement en cas de conflit/ désaccord?

Vous avez réservé une destination au bout du monde et comptez sur le wifi pour rester en relation avec vos proches, lire les nouvelles du pays ou vos emails, voire écouter votre abonnement Deezer ou voir quelques videos youtube.
Heureusement, le wifi est aujourd'hui universellement présent en hotel et résidences hôtelières et, bien entendu, affiché gratuit sur l'annonce que vous avez choisie.

A l'arrivée, la gérante locale qui gère les appartements du propriétaire  vous attend à votre arrivée, vous explique le fonctionnement de quelques télécommande, la clé pour la piscine  et vous confie le nom du réseau wifi du propriétaire et le mot de passe. L'occasion pour le locataire de confirmer aux proches que tout va bien.

Malheur, dès le lendemain matin, le réseau wifi est toujours visible mais la seule page qui s'affiche est une page Orange Livebox avertissant que la box a besoin de ses identifiants d'origine ou autre problème.
Mise au courant, la gérante entre dans l'appartement voisin où se trouve la box, tente un reset, ne parvient à aucun résultat. Elle contacte le propriétaire qui est lui aussi en vacances et loin de ses codes d'abonnement.
Par manque de chance, le réseau 3G est à peu près inaccessible dans les appartements éloignés de cette ancienne résidence hôtelière et seuls appels mobiles et sms (en 2G) peuvent passer. 

Contacté quelque  temps après par le locataire (nous!) qui ne sait plus que croire, le propriétaire répond par sms que la gérante a tous les codes nécessaires pour gérer le problème.

Contacter Abritel :


Heureusement, la location s'est faite par le site Abritel-Home Away : c'est plus cher mais il y a des possibilités de faire des réclamations en cas de problème : il suffit de donner les coordonnées du locataire, du gérant sur place et des propriétaire : suite à des communications avant le départ, nous avons justement toutes ces coordonnées.
La page d'aide trouvée par Google propose un possibilité de Réclamation.
On peut ensuite joindre Abritel par Chat, Téléphone ou mail.

Les mails ne passent pas sur la page Abritel 

La case Chat étant inaccessible (à cause du décalage horaire), nous choisissons Mail et remplissons consciencieusement es cases avec les données de notre location puis le récit de notre plainte.
nous copions dans un fichier texte notre mail avant de l'envoyer...et , mystère, le mail ne part pas et Abritel nous invite à recommencer? Plus facile quand on a sauvé son texte , non?
Au "eme échec, nous abandonons et décidons de réessayer le lendemain en mode Chat.

Joindre Abritel par Chat

 Le lendemain, la case Chat finit par devenir cliquable et nous commençons une conversation en reprenant des éléments de notre plainte conservée en fichier texte.
Après plusieurs :
Agent "Bonjour. Merci de contacter HomeAway. Je m'appelle Jean. Comment puis-je vous aider?"
on finit par nous demander nos renseignements de réservation bien que nous les ayons déjà donnés lors de la connexion.

Puis l'agent nous annonce :
Agent :Je peux transférer ma requête et votre plainte vers le service assistance vacancier et il va vous recontacter un peut plus tard par mail ou par téléphone pour régler votre soucis. 

Un espoir de réglement?

 

La solution reçue par mail d'Abritel

 

Bonjour Monsieur XXXXX,

Merci d'avoir contacté Abritel® - HomeAway™.

Nous sommes désolés que vous ayez vécu une mauvaise expérience avec cette propriété et nous apprécions le temps que vous prenez pour nous informer de cette situation.
Conformément à notre procédure, nous avons pris les mesures suivantes :

  1. Nous avons enregistré votre plainte sur le compte du propriétaire de la location de vacances ou de l'agence immobilière;
  2. Nous avons transmis les détails de cette plainte au propriétaire ou à l'agence immobilière, afin de leur donner la possibilité de répondre.

Quand nous recevons une plainte, nous encourageons les deux parties à trouver un terrain d'entente.
Notre procédure prend en compte les deux points de vue sur la situation. Conformément à nos conditions d'utilisation, nous sommes une plateforme en ligne qui met en contact les propriétaires et les vacanciers. Nous ne sommes pas impliqués dans les transactions, ni dans la gestion de la propriété ; par conséquent, nous ne pouvons pas intervenir dans les différends entre les propriétaires et les vacanciers. Malgré tout, notre Service sécurité surveille de près les comptes qui ont reçus des plaintes.

Merci encore d'avoir attiré notre attention sur votre expérience. Nous vous conseillons de continuer à contacter le propriétaire ou l'agence immobilière pour résoudre ce problème.


Vous pouvez vous rendre sur aide.abritel.fr pour consulter les questions fréquentes.

Cordialement
Lina
Le Service Client d’Abritel® - HomeAway™

Une solution?

Pour ma part, je doute  grandement de voir cette situation se débloquer. Pas vous?

 Alain Lacour 19 Aout 2018

vendredi 6 juillet 2018

"Tranchecaille" de Patrick PECHEROT, roman

Publié in https://noir-cest-noir.blogspot.com/2018/07/tranchecaille-de-patrick-pecherot-roman.html

Pas très envie de se plonger dans l'univers des tranchées, de fêter de nouveau le centenaire de la fin de la guerre de 14-18, de risquer la déception d'un roman convenu qui se contenterait de transposer en 1917 une intrigue policière sans envergure?

Délibérément ou non, Patrick Pecherot a évité tous ces écueils dans Tranchecaille. C'est une histoire dans l'histoire, de l'humain dans une période qui sacrifie les humains, une tentative de défense d'un soldat ordinaire alors que les soldats tombent par milliers. Une espèce de " Il faut sauver le soldat Ryan" français de 14-18 avec quand même une sacrée différence : le Jonas de "Tranchecaille" est il vraiment à sauver?innocent? Il semble roué, pas très franc du collier et parait se battre bravement parfois pour des raisons qui lui sont personnelles.

Le roman est passionnant et nous rappelle que nos contemporains n'ont pas inventé les opérations de com, les manœuvres politiques, la gouvernance par l'exemple. Chaque chapitre donne la parole à un témoin, un acteur de l'histoire, un accusé, etc...
Mais l'actualité de 1917 est omni présente : comment parler à un témoin qui vient de mourir? Comment espérer la justice quand une condamnation aurait valeur d'exemple?

J'ai vraiment aimé ce bouquin et la démarche des humains qui vont défendre à leur niveau l'idée qu'ils se sont faits de la vérité...

AL

En livre, en ebook, en bibliothèque.

http://www.pecherot.com/spip.php?rubrique66
https://www.babelio.com/livres/Pecherot-Tranchecaille/105669 

Résumé editeur
"Chemin des Dames, 1917, l'offensive du général Nivelle tourne à l'hécatombe. Dans l'enfer des combats, un conseil de guerre s'apprête à juger le soldat Jonas, accusé d'avoir assassiné son lieutenant. Devant l'officier chargé de le défendre défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d'un drame qui les dépasse. Coupable ? Innocent ? Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple ? Le capitaine Duparc n'a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille.  in Babelio

mardi 10 avril 2018

SNCF et TGV : les tarifs ne justifient plus la faible qualité et les deficits.

Vanter les mérites de la privatisation ou de la mise aux pas des chemins de fer français est une vieille habitude : 

les autres pays de même niveau que la France se débrouilleraient mieux que nous, assureraient un meilleur service pour des voyages plus agréables.

Le média Contrepoints connu pour ses sympathies libérales enfonce ainsi le clou en vantant les mérites des trains japonais qui auraient été repris en main et pu revenir sur les chemins de la qualité, la ponctualité et du profit après un passé de retards, déficits,  grèves etc... 

En fin d'article : Les cheminots français sont ils vraiment trop avantagés financièrement par rapport à ceux du privé?


J'ai parcouru des centaines de km avec les chemins de fer japonais à plusieurs reprises ces dix dernières années et ils sont aussi pour moi le mètre étalon en terme de qualité, de ponctualité, de service au voyageur.
Contrepoints et le train japonais


En grande vitesse 2ème classe  Japan Rail (nationaux privatisés en 1987) les conditions de voyages sont déjà d'un luxe ahurissant pour les français :
  • Les personnels sont nombreux en gare et en wagon, 
  • les rames sont nettoyées à chaque voyage ou souvent à chaque arrêt Shinkansen avec ramassage identifié des objets égarés
  •  la ponctualité est hallucinante : ( 9mn  totalisées par jour en local, 30secondes par voyage en TGV), 
  • chaque porte de wagon est au même endroit du même quai à chaque arrêt, 
  • en 2ème classe, il y a de la place pour les jambes et les sacs, on voyage toujours dans le sens de la marche
  • les bagages en tête de voiture sont protégés par antivol fixe et souvent un personnel surveille les montées et descentes, 
  • les toilettes sont dignes d'un palace (dont des espaces lavabo verrouillables séparés)
  • un service de transport d’enlèvement chez soi et de livraison des valises en 24h permet de voyager les mains dans les poches, 
  • les contrôleurs sont aux petits soins et font des recherches pour répondre à vos question, vous indiquent quel quai rejoindre pour votre correspondance

Mais qu'en est-il du prix pour le l'usager du train?

Les prix des voyages Shinkansen sont renommés élevés et même exorbitants en tarif normal hors tourisme et c'est bien la critique que l'on fait habituellement après une privatisation.

Note : Un pass accessible aux touristes étrangers depuis leur pays est même disponible pour ne pas pénaliser une envie de voyage au japon.

Le billet de train SNCF est-il finalement tellement moins cher à l'achat que le japonais?

J'ai choisi de comparer  les tarifs français et japonais sur deux distances équivallentes :
Tokyo-Kyoto et Paris-Strasbourg ,(voire Paris Lyon)
  • Distance comparable à  8% près
  • Durée de voyage comparable : de 110 à 130 minutes : SNCF plus rapide 1h48 au lieu de 2h10) et
  • Surprise : les prix sont très similaires :105 euros au japon, 90à 103 euros Sncf sur une date prise au hasard en voyageant le matin , en réservant un mois à l'avance. 
 Notes :
- Un mois à l'avance, sur un Paris Lyon,l a Sncf marque davantage d'économie alors que le prix est fixe au japon. Partir au dernier moment n'est pas pénalisé.
- Un mois à l'avance, la Sncf propose des 1ere classes plus intéressantes mais seule la place d'assise est
améliorée : toujours aucun service amélioré en personnel, nettoyage, conseil, ponctualité (ben, c'est le même train !).
-
Le TGV français est devenu pratiquement aussi cher que le Shinkansen japonais en restant déficitaire en service à bord, personnel, propreté, calme, ponctualité, facilité et sécurité des bagages,

L'argument du prix s'est effondré et chacun a bien remarqué les tarifs Sncf exorbitants proposés en achat normal en Oui TGV. Et les tarifs français appliqués continuent de creuser un déficit annuel très élevé à la charge de tous.

TER : En évitant le tout TGV imposé par les sites SNCF, on peut avoir accès aux TER en vitesse normale mais, pour les avoir utilisés, je peux dire que les trains régionaux japonais enfoncent aussi le TER français.

RER : le tarif des RER est en revanche beaucoup plus intéressants pour le voyageur français mais qui osera dire que la ligne B faisant la liaison Paris-Aéroport Charles de Gaulle offre aux touristes arrivant une expérience accueillante de la France : 0 place bagages, discussions tonitruantes, chahuts des noceurs partant faire la fête en ville, ponctualités déficiente, trains annulés, personnel sur les quais à Roissy méprisants et ignorants des horaires, affichage en gare de Roissy incompréhensible, places étriquées et bagages à surveiller à chaque arrêt, des changements de quais permanents, un manque de personnel en gare et en trains...

Non, la politique du tout TGV n'a pas permis des voyages rapides à bas prix et en servant réellement l'usager dans de bonnes conditions, les cheminots pourraient de nouveau être fiers de leur métier.

Et les cheminots français, sont-ils trop favorisés par leur statut actuel?

Les cheminots français auraient peut-être à gagner en passant du coté obscur d'une privatisation : En 2010, les conducteurs de trains japonais gagnaient en moyenne 75 000 $ par an et ceux de Shinkansen 85 000$ par an.
( Pour référence, les conducteurs de métro tokyoïtes gagnent aujourd'hui 94 000 $ par an.( 5000$ par mois en début decarrière, 8500$ par mois en fin de carrière).

AlainL.


Sources :

verbatim :

Transports

 

Japan Railways, un exemple pour la SNCF

Avant 1987, les chemins de fer japonais connaissaient les mêmes problèmes que la SNCF. Aujourd’hui Japan Railways est considéré comme l’un des réseaux les plus performants du monde. Comment ont-ils fait ?
Par Alain Mathieu.
Avant 1987, les chemins de fer japonais connaissaient comme chez nous des grèves à répétition déclenchées par des syndicats refusant toute réforme, des effectifs pléthoriques, des avantages sociaux exorbitants, notamment pour les retraites, des pertes considérables financées par d’énormes subventions et une dette gigantesque.
Leur situation est maintenant la suivante, comparée à celle de la SNCF :
  • nombre de passagers-kilomètres1 transportés par an : 260 milliards (SNCF : 84) ;
  • effectifs employés : 128.000 (SNCF : 149.000) ;
  • nombre de passagers-kilomètres par employé : 2 millions (SNCF : 0,6 million) ;
  • trains en retard de plus de 5 minutes : 2 % (SNCF : 20 %) ;
  • subventions publiques d’exploitation : 0 (SNCF : 14 Md€ par an, soit 730 euros pour chacun des 19 millions de contribuables à l’impôt sur le revenu) ;
  • nombre annuel moyen depuis 10 ans de jours de grève par agent : 0 (SNCF : 1,5).
Du point de vue des passagers, des contribuables et des employés, la situation de Japan Railways est meilleure qu’avant 1987, et meilleure que celle de la SNCF.
En 1987, les actifs de la compagnie JNR (Japan National Railways), gérée par l’État, ont été répartis entre sept compagnies :
  • trois dans l’île principale de Honshu (JR West, au Sud-ouest d’Osaka ; JR East, au Nord de Tokyo et JR Central, qui gère le Shinkansen (TGV) entre Tokyo et Osaka) ;
  • trois dans trois autres îles (Kyushu, Hokkaido, Sikoku) ;
  • et une chargée du fret.

Ces compagnies devenaient propriétaires des voies, des gares et du matériel roulant de leur région, à l’exception de la compagnie de fret, qui leur loue le passage de ses trains. Les sociétés d’exploitation, qui ont racheté en 1991 les lignes de Shinkansen existantes, remboursent cet achat sur une période de 60 ans. Ces compagnies ont repris 200.000 des 277.000 employés de JNR à l’époque.
Un tiers de la dette de JNR a été reprise par les trois compagnies de Honshu, les deux tiers étant conservés par l’État.

Rentables sans subventions

Les actions des trois compagnies de l’île principale de Honshu et de celle de Kyushu ont été progressivement vendues par l’État. Ces quatre compagnies, cotées en Bourse, sont rentables sans subventions. Grâce à ces ventes d’actions, l’État a pu rembourser une partie des deux tiers de la dette. L’État reste propriétaire des autres compagnies, contrôle les tarifs et les fermetures de lignes.
Pour décider la fermeture de lignes, un critère a été établi, selon lequel les compagnies peuvent envisager de fermer une ligne, dès lors qu’elle n’assure pas le transport de 2.000 personnes par jour. Lorsqu’une compagnie refuse d’exploiter une ligne non rentable, trois solutions sont envisageables :
  • la disparition pure et simple de la liaison ;
  • le transfert à un autre mode de transport, par exemple l’autobus ;
  • enfin la reprise de la ligne par la collectivité locale concernée.
Cette transformation de JNR n’était pas une privatisation, puisque les actions des compagnies, détenues par l’État, n’ont pas été vendues pendant six ans, la dernière l’étant en 2016, et que trois compagnies sont encore publiques.

En 1997, soit dix ans après cette transformation, une mission parlementaire française avait remis un rapport d’évaluation qui est toujours d’actualité. En voici quelques extraits :
La dégradation de la situation de l’entreprise publique (avant 1987) s’explique notamment par le poids de l’État dans la gestion de l’entreprise, par la réalisation d’investissements dictés par des considérations plus politiques qu’économiques, enfin par l’existence de relations sociales très détériorées au sein de l’entreprise.
Les négociations avec les syndicats étaient menées directement par le Gouvernement. Les syndicats détenaient alors des pouvoirs considérables, leur accord étant indispensable pour les changements de postes de personnel ou pour la mise en service de trains supplémentaires. De grandes grèves périodiques ponctuaient la vie du groupe JNR […].
Les performances des compagnies d’exploitation ont été sensiblement améliorées depuis la réforme de 1987, dans le domaine de la qualité de service comme dans celui de la gestion.
En ce qui concerne la qualité de service, la priorité a été donnée à la sécurité. Le nombre des accidents a diminué de 50 % et de 70 % sur les passages à niveau.

La grande qualité du service

La compagnie JR East a doublé le montant des investissements destinés à la sécurité. Elle s’est en particulier dotée d’un nouveau système de freinage automatique (ATS-P), plus performant que celui introduit dans les années 1960 à la suite d’un grave accident […].
La qualité du service a été nettement améliorée, qu’il s’agisse de la ponctualité, de la sécurité et de la vitesse des trains, ces améliorations ayant entraîné une nette augmentation du nombre de passagers. Des investissements importants ont été effectués en matière de signalétique, de billettique et d’augmentation de la fréquence des rames […].
Le découpage du réseau en entités régionales semble avoir créé un dynamisme qui n’existait pas dans les années précédant la réforme.
En termes de tarifs, il semble que la réforme ait conduit à une grande stabilité des prix pratiqués par les sociétés. Le relèvement des tarifs est d’ailleurs l’un des derniers domaines sur lesquels l’État exerce un contrôle strict. En pratique, on n’a assisté à aucune hausse des prix depuis 1987 tout au moins sur l’île de Honshu. La société JR East a récemment annoncé qu’elle n’augmenterait pas ses tarifs au cours des dix prochaines années.
Les entreprises issues des JNR ont toutes entrepris une politique de diversification de leurs activités afin d’améliorer leur rentabilité. Ainsi, la société JR East, plus important opérateur du Japon, a développé des activités commerciales dans les gares (stands, restaurants, cinémas). Elle a également exploité les possibilités offertes par le réseau pour promouvoir des activités de loisirs (hôtellerie en particulier). Elle tire en outre une part très importante de ses bénéfices de l’exploitation des espaces publicitaires situés

dans les trains, dans les gares ou sur le réseau. Elle a même créé des stations de ski, naturellement desservies par son réseau ferroviaire […].
Sur quelques lignes seulement, les sociétés du groupe JR sont concurrencées par des compagnies privées qui existaient avant la réforme, mais ces sociétés disposent de leur propre réseau, de sorte que les questions d’accès au réseau ne se posent pas […].
La réforme a entraîné néanmoins la disparition de 74.000 emplois. De nombreux salariés ont pris une retraite anticipée, certains ont fait l’objet de reclassements dans le secteur public. Enfin, 8.000 ont été confiés à l’organe chargé du règlement de la dette des chemins de fer, la JNRSC, pour recevoir une formation pendant trois ans.

Même pour les syndicats, la réforme fut un succès

À l’issue de cette période, la plupart ont retrouvé une activité. 1.400 personnes ont néanmoins refusé toutes les solutions qui leur étaient proposées et ont été licenciées.
Les représentants des syndicats considèrent aujourd’hui que la réforme a été un succès. Ils font valoir qu’avant cette réforme, ils agissaient pour obtenir des avantages comparables à ceux dont bénéficiaient les employés des petites sociétés privées et que cet objectif a été atteint, voire dépassé aujourd’hui.
Les salariés ont perdu le bénéfice du régime spécial de retraite dont ils bénéficiaient. Les anciens employés du groupe JNR ne bénéficient du régime spécial que pour la partie de leur carrière effectuée avant 1987 et sont, comme les nouveaux recrutés, affiliés depuis au régime général. Les représentants des syndicats estiment aujourd’hui que cette évolution était inéluctable, le régime spécial de retraite étant en faillite.
Malgré l’atmosphère très passionnelle dans laquelle a été opérée la réforme du système ferroviaire japonais, les relations sociales paraissent donc apaisées aujourd’hui.
La réforme, si elle a conduit à la perte de certains avantages pour les salariés, n’en a pas moins eu des effets bénéfiques, puisque la durée du temps de travail est en cours de diminution et que les salaires ont fortement augmenté dans certaines sociétés. Au sein de la compagnie JR East, les salaires sont passés de l’indice 100 en 1987 à l’indice 147 en 1996.
En définitive, on a le sentiment que la modération des organisations syndicales aujourd’hui s’explique à la fois par une perte d’influence (même si 90 % des salariés sont

syndiqués) et par les avantages qu’ont pu retirer de la réforme les employés des nouvelles sociétés.
En septembre 2014, l’ex-président du gestionnaire des infrastructures SNCF Réseau, Jacques Rapport, et des représentants de la SNCF se sont rendus au Japon dans le but de « chercher des idées ». Ils en ont conclu que le réseau ferroviaire japonais est « le plus performant du monde ».
 Le passager-kilomètre est une unité de mesure de quantité de transport correspondant au transport d’une personne sur un kilomètre.

mercredi 21 mars 2018

Zulu, de Caryl Férey. Quelques vérités bien assénées.

Avant la coupe du monde de foot en Afrique du Sud,  des crimes sexuels et des règlements de compte
impliquent des personnalités de la vie économique. Brian Epkeen, un des flics, vient de se faire remonter les bretelles par son supérieur, Krugé, qui l'empêche de poursuivre son enquête.

Extrait
"Mais Brian n’était pas dupe. Face à la concurrence des marchés mondiaux, les États souverains ne pouvaient quasiment rien faire pour endiguer les pressions de la finance et du commerce globalisé, sous peine de s’aliéner les investisseurs et menacer leur PNB : le rôle des États se cantonnait aujourd’hui à maintenir l’ordre et la sécurité au milieu du nouveau désordre mondial dirigé par des forces centrifuges, extraterritoriales, fuyantes, insaisissables. Plus personne ne croyait raisonnablement au progrès : le monde était devenu incertain, précaire, mais la plupart des décideurs s’accordaient à profiter du pillage opéré par les flibustiers de ce système fantôme, en attendant la fin de la catastrophe. Les exclus étaient repoussés vers les périphéries des mégapoles réservées aux gagnants d’un jeu anthropophage où télévision, sport et pipolisation du vide canalisaient les frustrations individuelles, à défaut de perspectives collectives. Contraint ou forcé, Krugë était un pragmatique : il n’allait pas risquer une fuite d’investissements dans le pays qui s’apprêtait à organiser la grande foire au ballon rond pour une bande de gamins des rues, dont le destin oscillait entre un tesson de bouteille bourré de tik et une balle perdue."



Zulu, De Caryl Ferey 

https://www.lexpress.fr/culture/livre/zulu_910813.html